janvier 15, 2021
Mythologie grecque

Une planète, c’est aussi un mythe

Temps de lecture : 4 minutes

Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous mes réflexions du moment au sujet de la pratique de l’astrologie. 

Il y a quelques jours, quelqu’un me citait cette phrase de Goethe : 

“Il y a ceux qui utilisent, ceux qui savent, ceux qui voient, et ceux qui embrassent la totalité.” 

Goethe parlait de botanique, mais ce qu’il dit là m’a fait réfléchir : ne peut-on pas l’appliquer à d’autres domaines ? À l’astrologie, peut-être ?  

Les gens qui utilisent l’astrologie, d’une façon ou d’une autre, sont très nombreux. 

Ceux qui se sont formés, et qui donc savent, le sont déjà beaucoup moins. 

Puis viennent ceux qui, l’expérience aidant, voient beaucoup de choses dans un thème. Ils sont capables d’aller au-delà du « ponctuel » et de l’anecdotique (l’influence passagère d’un transit, par exemple). Ils peuvent sentir la dynamique qui sous-tend un thème.

Et enfin ceux qui “embrassent la totalité”. Que veut dire Goethe ?

J’imagine que ce qu’il suggère, c’est que, au delà de ce que nous voyons, et que notre savoir nous permet d’interpréter, il y a autre chose à appréhender. Ce qui se cache “derrière” les éléments qui peuplent un thème natal. 

Et cette idée m’intéresse beaucoup. J’espère que vous partagez cet intérêt, car je vais essayer de creuser un peu cette idée.

Mon cheminement avec Chiron

Il se trouve que je découvre cette phrase de Goethe au moment où je termine la rédaction d’un petit livre sur Chiron. Depuis que je l’ai découvert, pendant ma formation en astrologie, Chiron m’a beaucoup passionné. Il se trouve que, dans mon thème, il est conjoint à mon Milieu du Ciel (et à Neptune, et à Jupiter !). Je me sens donc très concerné par cet astre très étrange.  

Pour écrire sur Chiron, je me suis bien entendu replongé dans la description de ce que représente Chiron en astrologie. Nous la devons à quelques pionniers (car Chiron est entré récemment dans notre domaine). Mais j’ai aussi fait appel à la mythologie. 

Or Goethe m’a brusquement fait prendre conscience que, au delà de la symbolique habituelle de Chiron, j’étais en train de fouiller le mythe de Chiron. Et ce mythe est d’une richesse insoupçonnée. Pourquoi ?

On se concentre souvent sur la blessure de Chiron à la jambe, et sur sa guérison – le « guérisseur blessé » bien connu. Or la vie de Chiron est faite d’une multitude de faits qui, tous, ont un sens à découvrir, offrent une leçon de vie. Ses origines, sa naissance, son rejet par sa mère, ses mentors, ses années de formation dans des domaines variés, ses élèves, sa femme, etc.

Évidemment, on peut dire la même chose de toutes les planètes (et les nombreux astéroïdes) : le chantier est donc immense. 

Cela me rappelle d’ailleurs que cette “découverte” que je viens de faire de façon un peu soudaine et inattendue, plusieurs astrologues l’ont faite depuis longtemps et ont déjà abondamment exploré ce domaine. 

Qu’est-ce qu’un mythe ?

Ceux qui me lisent depuis quelque temps le savent, j’aime bien revenir à l’étymologie des mots. Qu’est-ce qu’un mythe ? 

C’est, étymologiquement, un récit – le mot mythe vient du grec mythos, fable. Effectivement, dans le cas de Chiron, vous avez devant vous l’histoire mouvementée et inspirante de la vie d’un personnage, de sa naissance à sa mort. Cette histoire est pleine d’êtres divers, de péripéties et d’informations.

Quelle attitude adopter face à un mythe tel que celui-là ? Vous pouvez vous poser en exégète. Autrement dit, vous pouvez essayer de comprendre d’où vient ce récit, de savoir s’il repose sur du “vrai” ou s’il est fictif, etc. Mais cela n’a pas beaucoup d’intérêt pour nous, dans le contexte de l’astrologie. 

Par contre, écouter ce que ce mythe vous dit ou vous inspire, au moment où vous le découvrez, est particulièrement utile. C’est ce qu’on appelle une attitude herméneutique, du grec hermeneuien, parler, s’exprimer. Le mythe doit vous parler, pour que vous puissiez l’interpréter en profondeur. 

Comme devant un tableau dans un musée. Ce qui est intéressant, ce n’est pas (seulement) de savoir quels autres peintres ont influencé celui dont vous regardez l’oeuvre. Ni de comprendre ce que le peintre « a voulu dire ». Ce qui importe, c’est que le tableau vous parle, à vous personnellement, qu’il fasse monter en vous des émotions ou des idées, qu’il vous transforme. 

Le mot « herméneutique » est associé, bien sûr, à Hermès (Mercure chez les Romains). Il assurait le lien entre les dieux (le haut) et les hommes (le bas). Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et réciproquement…

Que raconte le mythe ?

Puisque le mythe est un récit, de quoi est-il le récit ? Comme toutes les bonnes histoires, c’est le récit de la quête d’un héros. Cette quête commence lorsque le héros prend conscience de son insatisfaction, qu’il doit partir à la recherche d’un trésor, d’un rêve, d’un idéal, d’une guérison, de sa liberté, etc. Le mythe raconte le cheminement du héros à travers les obstacles et les dangers.  

Ce cheminement du héros peut-il être comparé au cheminement que vous avez à faire au long de votre vie ? 

C’est à votre sensibilité personnelle au mythe, à votre faculté d’imagination créatrice, à votre intuition, de vous le dire. Autrement dit : vous sentez-vous en résonance avec tel ou tel mythe ? 

Si tel est le cas, alors le héros du mythe peut prendre pour vous une dimension très particulière. Il devient un guide. Il devient surtout un archétype, c’est-à-dire un modèle primordial, et pour vous idéal. 

Peu importe qu’il soit “réel” ou non. Il est pour vous une vérité subjective. Les éléments du récit de sa quête – personnages, lieux, actions – deviennent autant de symboles. S’ils résonnent en vous, ils vous disent de vous des choses cachées, inconnues, peut-être indicibles…

Aborder un thème, c’est un peu comme prendre contact avec une énigme à élucider. À   commencer par votre thème personnel. Il peut d’ailleurs rester une énigme jamais totalement résolue… 

Curieusement, un mythe aussi est une énigme a déchiffrer. Mais cette énigme-là peut vous aider à résoudre la vôtre. Elle vous fait prendre du recul. Elle vous conduit à regarder votre thème à travers le regard d’un autre, le héros du mythe. Et des horizons insoupçonnés s’ouvrent alors à vous. 

Bref, le mythe vous met en contact avec « ce qui est en haut », et dont votre thème est le reflet.

Merci de partager cet article, s’il vous a plu.

Et n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous.

5 réflexions sur « Une planète, c’est aussi un mythe »

  1. bonjour – merci pour la qualité de vos publications.
    les mythes, je les ai découverts en microastrologie en lisant le dictionnaire des Astéroïdes que Elie RogerPierre met à notre disposition gratuitement sur son blog ou sur Facebook (Microastrologie – divagations astéroïdiennes) – c’est tout à fait passionnant – j’ai pensé que l’utilisation d’un logiciel adapté serait bienvenu – Maïtha Lobjois (la Sphère de Gaïa) propose une formation sur le logiciel ZET qu’elle transmet au premier cours – c’est très accessible : c’est Richard Doyle qui l’a mis au point (La Lyre du Quebec) – Cette année 2020, Béatrice Robin Brezina a proposé sur 9 mois( une gestation) la découverte au fil de ses « chroniques célestes » hebdomadaires, la découverte d’une déesse – elle vient de boucler cette série passionnante- en espérant vous avoir fourni des renseignements pratiques. Bonne soirée et merci.

    1. Merci beaucoup pour ces informations. On avait déjà fort à faire avec nos planètes.
      L’arrivée en force des astéroïdes dans le paysage astrologique nous a apporté une nouvelle brassée de mythes passionnants.
      Bien à vous.
      Jean-Louis

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *