mai 14, 2021

Synchronicité et astrologie

Temps de lecture : 4 minutes

Vous avez probablement un jour ou l’autre fait l’expérience de ce phénomène étrange qu’on appelle la « synchronicité » : sentiment d’avoir déjà vécu une situation, rêve prémonitoire, coïncidences dont vous sentez bien qu’elles n’en sont pas tout à fait., etc.

Finalement, même si on en parle beaucoup, peu de choses vraiment utiles ont été écrites sur ce sujet pourtant essentiel pour l’astrologie. Voici donc quelques « morceaux choisis » sur ce sujet, en particulier sur cette fameuse synchronicité « découverte » et surtout théorisée par C. G. Jung

Voici pour commencer ce qu’en dit Liz Green dans son ouvrage passionnant intitulé Le monde astrologique du Liber Nous de Jung.

Jung se réfère à ‘la théorie de la correspondance’ et à ‘l’idée classique de la sympathie de toutes choses’ comme précurseurs de sa propre idée de la synchronicité, soulignant sa conviction que l’astrologie ‘fonctionne’ sur la même base que les autres arts mantiques. Une sumpatheia innée existe entre un dieu planétaire en tant qu’image d’une qualité particulière du temps, et un dynamisme particulier au sein de la psyché inconsciente humaine, car ils partagent un principe archétypal sous-jacent. 

Elle cite Jung :

« La synchronicité se compose donc de deux facteurs : a) Une image inconsciente arrive à la conscience soit directement (c’est-à-dire littéralement), soit indirectement (symbolisée ou suggérée) sous la forme d’un rêve, d’une idée ou d’une prémonition. b) Une situation objective coïncide avec ce contenu. »

Voici maintenant plusieurs extraits d’un livre très inspiré et inspirant : L’astrologie comme nouveau modèle de la réalité. La philosophie de l’astrologie et sa relation avec la psychologie jungienne, de Michael McMullin.

« … Nous avons donc pleinement le droit de considérer le monde phénoménal visible comme une partie d’un autre monde infiniment plus complexe, se manifestant à un moment donné dans le premier. » (Ouspensky)

Nous avons deux types de manifestations évidentes de ce monde de dimension supérieure dans les phénomènes de synchronicité et d’astrologie. Ils sont étroitement liés et, à l’exception des phénomènes de la physique subatomique ou, plus récemment, de la théorie du « chaos », ils constituent les contradictions les plus évidentes au principe de causalité mécanique dans l’expérience empirique. Jung dit à propos de la synchronicité :

« Les coïncidences significatives sont pensables comme un pur hasard. Mais plus elles se multiplient et plus les correspondances sont grandes et exactes, plus leur probabilité s’effondre et leur impensabilité augmente, jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus être considérées comme un pur hasard mais, faute d’explication causale, doivent être pensées comme des arrangements significatifs… Leur ‘inexplicabilité’ n’est pas due au fait que la cause est inconnue, mais au fait qu’une cause n’est même pas pensable en termes intellectuels. » 

Et :

« C’est seulement la croyance ancrée dans le pouvoir souverain de la causalité qui crée des difficultés intellectuelles et qui fait qu’il semble impensable que des événements sans cause existent ou puissent jamais se produire. » 

C’est précisément le mot « sens » qui incarne un principe opposé à la fois à la causalité et au hasard, et de l’avis général des observateurs éclairés, c’est justement cette qualité qui fait si désastreusement défaut à la vision moderne du monde et à la psyché moderne.

Jung décrit la synchronicité comme présentant une modalité sans cause, et un « ordre acausal ». 

« La découverte moderne de la discontinuité (par exemple, l’ordonnancement des quanta d’énergie, de la désintégration du radium, etc.) a mis fin à la règle souveraine de la causalité et donc à la triade des principes (espace, temps, causalité). » 

« La synchronicité doit être expliquée soit comme une causalité magique, soit comme un sens transcendant (le même sens se manifestant dans la psyché et un événement extérieur simultanément). »

« La synchronicité postule un sens a priori par rapport à la conscience humaine et qui existe apparemment en dehors de l’homme. Un tel postulat se retrouve surtout dans la philosophie de Platon ». 

Le sens « constitue le critère indispensable de la synchronicité ».

L’astrologie est la seule discipline qui constitue une étude systématique de la synchronicité et lui fournit une terminologie intégrée, un système de pensée et des connaissances empiriques développées au fil des âges. L’astrologie est avant tout la science du sens. De plus, il ne s’agit pas de la manifestation rare ou occasionnelle de phénomènes synchrones, mais de les observer tout le temps, et en tout, une fois que nous nous sommes habitués à être conscients de telles choses. Ouspensky l’a bien compris, même s’il n’a pas fait le lien avec l’astrologie :

« La capacité de découvrir de nouvelles analogies est le début des changements, qui nous transportent dans un autre plan d’existence… Les phénomènes peuvent soudainement assumer un regroupement tout à fait différent… des choses tout à fait séparées, déconnectées, peuvent faire partie d’un grand tout, d’une catégorie entièrement nouvelle. »

Alors que l’art et l’inconscient ont toujours été concernés par de telles analogies ou correspondances (symboles), qui sont le langage de l’intuition, l’astrologie fournit l’ordre conscient de ce processus et une terminologie cohérente, en termes de symboles les plus fondamentaux et cosmiques, qui peuvent s’appliquer à tout. Elle fournit les nouvelles catégories.

Enfin, pour conclure ce bref survol de cette question bien complexe, quelques lignes de Michael Meyer, dans A handbook for the humanistic astroloqer.

Le principe de synchronisme a été formulé par C. G. Jung pour expliquer des événements et des phénomènes psychologiques apparemment sans lien de cause à effet, mais simultanés, ainsi que le fonctionnement du Yi King et de l’astrologie. Il soutient que des phénomènes parallèles peuvent être reliés par le temps plutôt que par la cause. Comme Jung le déclare dans l’annexe du Secret de la Fleur d’Or, les déductions astrologiques « ne sont pas dues aux effets des constellations, mais à nos hypothétiques caractères temporels. En d’autres termes, tout ce qui est né ou fait à un moment donné possède les qualités de ce moment. » L’homme et le système solaire font en quelque sorte partie du même système, et il n’existe pas de séparations rigides ou absolues entre les deux. Je vois le principe de synchronicité (dans son sens le plus inclusif) comme le principe opérationnel primaire de l’astrologie, comme un aspect d’un pouvoir structurant et formateur, le pouvoir qui définit la nature de toutes choses. 

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