astrologie une science

Faire de l’astrologie une science : comment ? Pourquoi ?

Temps de lecture : 16 minutes

En 1934, Dane Rudhyar s’interroge : peut-on faire de l’astrologie une science ? Il n’y a pas très longtemps qu’il a découvert une approche radicalement nouvelle de l’astrologie. En juin 1930, il avait épousé Malya Contento, qui était une élève de Marc Edmund Jones. C’est par son intermédiaire qu’il rencontre Jones. Et les premiers articles qu’il écrit au cours des années suivantes vont donc être marqués par cette influence. 

Par exemple cet article où il s’interroge sur le caractère scientifique de l’astrologie, publié dans American Astrology de décembre 1934.

Vous pouvez télécharger la traduction française de cet article, dans sa forme originale. C’est-à-dire sans les intertitres ni les illustrations que j’ai ajoutés.

L’astrologie peut-elle être scientifique ?

par Dane Rudhyar

Ces derniers temps, de plus en plus d’astrologues de premier plan, y compris des hommes ayant une carrière scientifique, ont déclaré que l’astrologie devait devenir « scientifique ». Les termes « tests de laboratoire », « expérimental », ont été utilisés en relation avec les nouvelles « recherches » astrologiques. On a condamné l’ancienne astrologie comme « non scientifique ». Et on a apporté des « preuves » de nouveaux systèmes impliquant des formulations mathématiques et astronomiques compliquées. 

Il semble nécessaire, pour le bien de l’astrologie elle-même et du public en général, d’examiner ces affirmations. Non pas en termes de résultats superficiels, mais quant à la validité des principes fondamentaux impliqués. 

Dans ce bref article, notre but n’est pas de poursuivre une telle enquête fondamentale. Il est simplement de poser des questions et de suggérer certains tests. Nous espérons que si ceux-ci sont suffisamment diffusés, quelque chose pourra être entrepris qui clarifiera le domaine de l’astrologie. Aider à définir, en le délimitant, son champ d’application. Établir le véritable caractère de la méthode astrologique.

Les différentes formes de l’astrologie

Tout d’abord, il serait bon de distinguer clairement les différentes branches de l’astrologie. Cette seule mesure mettrait fin à une grande partie de la confusion qui règne actuellement dans l’esprit des personnes intéressées. À cette fin, nous suggérons d’accepter provisoirement la classification de base suivante comme cadre général. 

1. Astrologie mondaine ou naturelle 

C’est sans doute la forme la plus ancienne de l’astrologie. L’astrologie a débuté, cela semble évident, dans des civilisations agricoles comme celles des Chaldéens et des Chinois. Elle était un système de recherche permettant aux hommes de déterminer un calendrier annuel, régulant toutes les activités agricoles. En tant que telle, l’astrologie était une question de vie ou de mort pour le peuple. Elle était si vitale qu’on la considérait comme « sacrée ». 

Les prêtres-initiés s’en occupaient sous l’autorité du roi. Sa fonction était de déterminer le bon moment pour les semailles et les récoltes, pour l’élevage du bétail. Et pour l’accomplissement de tous les actes vitaux assurant la vie de la communauté. 

Lorsque des problèmes de préservation du type racial se sont posés, comme dans l’Inde ancienne lorsque les envahisseurs aryens ont couru le risque d’être physiologiquement absorbés par les anciens habitants de l’Inde, la question de la reproduction humaine est devenue encore plus importante que celle de l’élevage du bétail. 

Ce fut l’origine du système des castes. Et apparemment de l’établissement du thème de naissance des individus afin de s’assurer que leur accouplement produirait une descendance vitale. C’est ainsi qu’est née l' »astrologie natale », qui concernait au départ des problèmes purement physiologiques.

D’autres domaines pour l’astrologie

L’ancien calendrier astrologique et le zodiaque se sont développés dans la science de l’astronomie. On peut supposer que d’autres formes plus complexes d’astrologie naturelle ou mondaine ont pu finalement faire partie d’une science plus étendue. Elle comprenait l’astronomie, la météorologie, la sismologie et certains aspects des sciences traitant de la propagation et du développement des types physiologiques (végétaux, animaux et humains). 

En d’autres termes, l’astrologie mondaine traite de facteurs purement physiques et impersonnels, de cycles naturels et de lois naturelles. L’élément humain personnel n’entre pas en ligne de compte. Le type de pronostic utilisé est de même nature (théoriquement) que celui de l’astronomie et de la météorologie. Et, à la limite, des sciences sociologiques utilisant des données statistiques. 

2. Astrologie horaire 

On pourrait considérer l’astrologie horaire comme une extension symbolique de l’astrologie mondaine. Cette dernière traite de cycles physiques évidents ayant des causes naturelles reconnaissables et susceptibles (en théorie du moins) de corrélations « scientifiques ». 

C’est le mouvement physique de la terre qui cause le cycle de l’année. On attribue l’hérédité physiologique à des chromosomes et des gènes théoriquement observables et mesurables. 

L’astrologie horaire, en revanche, part du principe qu’on peut considérer chaque moment du temps comme le début d’un cycle. Ce début contient dans sa semence le secret du développement (ou du destin) de tout ce qui est « né » ou initié à ce moment-là. 

C’est là, bien sûr, que nous abandonnons toute réalité physique naturelle, et tout ce qui est susceptible d’une investigation « scientifique ». L’idée qu’un thème horaire puisse révéler de manière satisfaisante le succès ou l’échec d’un voyage ou d’une spéculation, et répondre à toute question posée à un astrologue qui établit le thème pour le moment où la question lui parvient, est évidemment absurde d’un point de vue « scientifique ». Là, nous n’avons plus affaire à des faits mesurables, mais uniquement à des interprétations. 

L’abandon de toute prétention scientifique

L’astrologie horaire fonctionne tout aussi bien que la divination par les hexagrammes chinois du Yi-king, et pas mieux. Elle fonctionne purement sur la base d’un symbolisme conventionnel,. Même s’il existe des principes très précis et universels à la base de tous les types similaires de symbolisme d’interprétation de la vie, principes régis par un type particulier, mais néanmoins efficace, de « logique ». 

Toute voyance astrologique, toute prédiction exacte d’événements destinés à se produire pour une certaine personne ou une entité collective appartient au domaine de l’astrologie horaire. Peu importe qu’on fasse la prédiction à partir d’un thème de naissance ou d’un thème strictement « horaire ». Tant qu’on prédit des événements concrets particuliers, on utilise le principe de l’astrologie horaire, c’est-à-dire le principe de l’interprétation symbolique. 

Or, ce principe est incompatible avec ce que nous appelons aujourd’hui la « science ». Car il met l’accent sur un facteur purement individuel et sur le don individuel de la personne qui interprète. La « science » est un système de connaissance strictement objectif et collectif. 

3. Astrologie natale 

Le dernier paragraphe deviendra plus clair en étudiant brièvement les bases de l’astrologie natale et des soi-disant « progressions ». L’astrologie natale comprend trois choses, assez différentes dans leur essence.

a. Le thème de naissance radical, qui transmet des connaissances sur la nature, le caractère et la forme physio-psychologique particulière du natif. 

b. Les progressions, qui constituent un système d’interprétation des phases de développement de la vie du natif. 

c. Les transits, qui font référence à la manière dont les conditions du monde extérieur affectent à chaque instant le bien-être et le caractère du natif. 

Le thème de naissance radical peut être considéré, comme le fait Marc Edmund Jones, comme un thème horaire répondant à la question : quel sera le caractère et le destin de cette personne ? Si tel est le cas, le principe de l’astrologie horaire s’applique à l’astrologie natale. Des événements concrets définis peuvent être prédits selon les règles de la procédure horaire. Le système Radix est une telle procédure. Et il n’y a aucune possibilité envisageable de lui attribuer un quelconque caractère « scientifique ». 

D’autre part, le thème natal peut être considéré du point de vue de l’astrologie mondaine. Nous pouvons considérer le natif comme un nœud de forces cosmiques et magnétiques émanant des planètes et des étoiles, et étudier cette configuration dynamique comme nous étudions une carte météorologique qui détermine les zones de haute et de basse pression, la direction et l’intensité du vent, etc. Ce point de vue peut théoriquement conduire à des données « scientifiques », à condition d’effectuer une énorme quantité de statistiques et de comparaisons de thèmes. 

Le problème des progressions

Mais – et c’est là un point capital – il n’y a pas de place, à notre avis, dans une telle approche pour les « progressions ». Les transits peuvent être acceptés dans la mesure où ils représentent des faits astronomiques et l’effet des relations réelles entre les corps célestes en mouvement et un modèle particulier d’énergies censé représenter fidèlement le natif. 

Mais toutes les progressions (secondaires, primaires et celles dites « symboliques ») sont des interprétations et non des faits. Toutes les progressions sont purement symboliques. Elles ne correspondent à rien de réel, en termes de réalité physique et « scientifique ». Comment pourraient-elles être incluses dans un système « scientifique » ? 

L’idée semble absurde si l’on considère les fondements de la « science » moderne. La multiplicité même des systèmes de progressions, la façon dont on revendique l’excellence de tel ou tel système et dont, dans certains cas, tel système fonctionne, dans d’autres, tel autre, le nombre de facteurs, ou de variables, qui entrent en jeu, de sorte qu’on ne peut jamais se représenter avec certitude un événement précis en se référant à telle ou telle configuration progressive, voilà autant de faits qui rendent les « progressions » incompatibles avec la méthode « scientifique ».

Rappel sur la méthode scientifique

La méthode « scientifique » repose essentiellement sur le principe d’induction. Selon ce principe,

« une corrélation qui s’est avérée vraie dans un certain nombre de cas, et qui ne s’est jamais avérée fausse, a un certain degré assignable de probabilité d’être toujours vraie. »

(Bertrand Russell)

Quelle interprétation de la corrélation définitive des facteurs astrologiques « n’a jamais été trouvée fausse » ? Ce qui reste, dans la voie de l’approche « scientifique », c’est la méthode statistique. 

Mais là encore, nous constatons que cette méthode ne convient guère à l’astrologie natale. Car « on pourrait penser qu’une moyenne statistique n’est pas très différente d’une règle avec des exceptions, mais ce serait une erreur. Les statistiques, idéalement, sont des lois précises sur de grands groupes. Elles ne diffèrent des autres lois que parce qu’elles concernent des groupes et non des individus. » (Bertrand Russell, « The Analysis of Matter », p. 191). 

La fiabilité des progressions

En d’autres termes, nous pensons qu’il est absolument nécessaire de faire une distinction définitive entre la lecture d’un thème radical et l’interprétation des « progressions ». Ceci, tant d’un point de vue théorique que pratique. Car si, d’un point de vue pratique, les thèmes radicaux ne manquent jamais de révéler la nature fondamentale d’une personne – lorsqu’on les interprète de manière large par un astrologue doué de perspicacité psychologique -, les « progressions » ne peuvent jamais être absolument fiables, du moins en ce qui concerne le pronostic d’événements définis et concrets.

Que devons-nous conclure de ce qui précède ? Jusqu’à présent, nous avons exposé notre point de vue de manière assez brutale. Mais ces déclarations sont faites pour susciter la critique et la discussion. On doit les considérer comme des questions. Si ce que nous avons dit n’est pas correct, alors quoi ? Si on peut qualifier de scientifique un système de « progressions », dans le sens où les scientifiques modernes utilisent ce mot, nous en accueillerons la preuve. 

Notre but n’est pas d’invalider l’astrologie, mais de la rendre valide et acceptable pour tous les hommes d’intelligence et de culture. En la définissant et en rendant ses méthodes philosophiquement cohérentes, logiques et intellectuellement honnêtes. Si l’on peut démontrer que l’astrologie, y compris la prédiction d’événements par les progressions, est « scientifique » d’une manière ou d’une autre, nous devrions en effet nous réjouir qu’il en soit ainsi. Mais la preuve sera-t-elle apportée ?

Astrologie et prévision

Comme nous l’avons déjà dit, nous pouvons concevoir que l’astrologie mondaine, telle que nous l’avons définie et à l’exception de toutes les « progressions », devienne une véritable science. Ceci, parce qu’elle traite des faits de la terre, des facteurs planétaires et collectifs. Nous pouvons concevoir qu’on puisse prédire avec précision le temps, les tremblements de terre et autres par l’astrologie mondaine, peut-être dans la lignée des travaux d’Edward Johndro. Tout comme les éclipses et les marées sont prévisibles. 

Mais nous ne voyons pas comment l’astrologie horaire et tout type de « progressions » peut jamais venir sous la rubrique de la « science ». Et nous doutons fort que l’astrologie natale dans son ensemble puisse jamais être avantageusement considérée comme telle. 

Retour sur l’astrologie natale

La plus grande valeur de l’astrologie natale, selon nous, réside dans le fait qu’elle est une représentation précise de l’être humain individuel. Et nous affirmons qu’aucune « science » ne pourra jamais traiter de l’individu en tant qu’individu. La science peut analyser et étudier les éléments collectifs et universels qui composent l’individu. Elle peut tout apprendre sur les parties du tout, mais la totalité du tout – l’individualité ou le moi – doit toujours être hors de sa portée.

Cela s’applique à l’astrologie dans la mesure où nous croyons que, bien qu’il soit possible de connaître statistiquement la probabilité qu’une configuration astrologique particulière signifie une caractéristique humaine bien définie, personne ne peut jamais prédire, à partir d’une naissance donnée où cette configuration existe, exactement comment elle se manifestera dans ce cas individuel. 

Nous avons lu que la conjonction Mars-Neptune est un indice de « génie », ou qu’un aspect favorable de Jupiter à Neptune est un indice de grande richesse. Mais tout ce que l’on peut savoir « scientifiquement », c’est que parmi toutes les naissances présentant ces configurations, un certain pourcentage fera preuve de génie et de richesse d’un type particulier. Le génie destructeur fait des criminels. Il peut y avoir une richesse physique et spirituelle, etc.. Si un enfant naît avec la conjonction Mars-Neptune (et il y a un enfant sur cinquante environ qui est ainsi doté), il restera toujours impossible de dire avec une certitude « scientifique » qu’il fera preuve de génie, et surtout de quel type de génie il s’agira, s’il y en a un.

Astrologie natale et statistiques

Les connaissances ainsi maîtrisées sont du même ordre que celles recueillies dans les statistiques sur le pourcentage de blondes et de brunes, d’enfants nés avec une hypophyse déficiente ou hyperactive, de jumeaux et de quintuplés, etc. Est-ce en cela que consiste la valeur de l’astrologie natale ? À notre avis, non. De telles connaissances statistiques peuvent fournir à l’astrologie une base de potentialités (pas même de faits). Mais ce n’est, au mieux, qu’une partie du sens de l’astrologie natale. Il en est de même de la connaissance du type de pierres et de matériaux susceptibles d’entrer dans la structure d’un temple chinois. Elle ne sera, au mieux, que le fondement des connaissances à tirer de l’étude de l’architecture chinoise. Ce qui est plus important, c’est la forme et l’objectif de l’ensemble du bâtiment. 

De même, ce qui est d’une importance vitale dans un thème de naissance est la configuration totale des facteurs astrologiques qu’il contient. Aucune « science » ne peut révéler la signification individuelle de cette configuration totale. De toute configuration totale en tant que totalité individuelle. La science se fonde sur l’intellect et sa logique analytique. Or, ce qui est nécessaire pour révéler une telle signification est une autre faculté. Nous pouvons l’appeler « intuition », ou parler de « pouvoir psychique » ou de « voyance ». Quoi qu’il en soit, ce qui est nécessaire, c’est la capacité de percevoir la signification d’une configuration totale dans son ensemble.

L’astrologie, un art plus qu’une science

Il est évident que cette faculté est beaucoup plus proche de la faculté esthétique que de la faculté scientifique. L’artiste voit une peinture – ou un paysage – comme un tout. Et, comme un tout, cela a une signification pour lui, s’il est vraiment un artiste. Le vrai musicien appréhende la signification d’une mélodie comme un tout. Sans la diviser en tons ou en intervalles séparés (correspondant aux planètes ou ou aux aspects, en astrologie). 

Le sens de ceci est que l’astrologie natale (ainsi que l’astrologie horaire) a une signification et une valeur en termes d’interprétation, et non en termes de simples faits. Et mettre l’accent sur l’interprétation plutôt que sur les faits est tout à fait non-scientifique. Car le but de la « science » est de réduire l’interprétation, et tout jugement ou évaluation individuelle, à un minimum absolu. 

L’astrologie deviendra-t-elle un jour « scientifique » ? Partout où elle traite d’indications impersonnelles et factuelles, comme dans l’astrologie mondaine stricte, ou même de grandes collectivités dans lesquelles les valeurs individuelles intégrées comptent pour peu de choses, voire pour rien, l’astrologie pourrait devenir le fondement d’une nouvelle science globale, de type statistique. 

La perception holistique

Mais partout où l’on considère des situations et des configurations individuelles, l’astrologie dépend du symbolisme pur et de la perception intuitive (ou « holistique », pour utiliser le terme du général Smuts).

C’est toujours le cas en astrologie horaire, et aussi lorsqu’on demande à l’astrologie natale de témoigner du caractère strictement individuel d’une personnalité particulière. Et de même chaque fois qu’un thème est « progressé » – selon n’importe quel système. Toutes les « progressions » sont en fait symboliques. Car l’équivalence d’un jour pour une année, ou de quatre minutes pour une année, est évidemment une idée purement symbolique. 

Qu’est-ce qui pourrait en faire un fait ? C’est sans doute une idée qui fonctionne en moyenne et dans certaines limites. Mais cela n’en fait pas un fait « scientifique ». Avant d’en faire un fait – même statistique – il faudrait donner à chaque système de progressions un certain champ d’application. Et établir une relation complexe et plutôt mystérieuse entre la rotation quotidienne de la terre et sa révolution annuelle autour du soleil. 

Supposons qu’une telle relation soit « scientifiquement » établie en termes de fonctionnement du magnétisme ou de quelque autre force cosmique. Il faudrait encore expliquer pourquoi elle ne fonctionne pas toujours. Nous devrions également ajouter que la signification des « maisons » restera toujours un facteur difficile à expliquer dans tout système astrologique tentant de satisfaire aux critères de la science.

Tout cela me pose des questions auxquelles il faut répondre avant que l’astrologie puisse prétendre à l’épithète « scientifique ». Pourquoi ne pas utiliser plutôt le terme moins lourd d' »artistique » ? L’expression « art de la vie » ne sonne-t-elle pas plus mal à nos oreilles occidentales que « science de la vie » ? Il est probable que oui, tant nous sommes imprégnés de la magie de la « science ». 

L’astrologie peut-elle devenir scientifique ?

Alors, peut-être devrions-nous essayer de devenir « scientifiques » ! Dans ce cas, pouvons-nous suggérer un petit travail de recherche ? Il serait, à notre avis, plus propice à la connaissance « scientifique » que beaucoup d’autres entrepris ces derniers temps. Il se base sur le fait que, pour étayer une théorie, il est plus utile de tester les matériaux « scientifiques » là où ils échouent que là où ils réussissent. 

Prendre n’importe quel événement connu (tremblement de terre, décès ou krach boursier), en faire un graphique (radical ou progressif), et dire triomphalement : « Voilà, vous voyez, ça a marché ! N’est-ce pas merveilleux ? » – ne prouve pas grand-chose. Car il est possible qu’une configuration astrologique similaire n’ait pas produit ou ne produise pas le même effet à un autre moment. Alors, où est la preuve ? Il semble que la plupart des astrologues ne croient pas, inconsciemment, à la validité des pronostics astrologiques. Et qu’ils ont besoin de se rassurer et de rassurer leur public sur le fait qu’après tout, il y a quelque chose dans l’astrologie, comme dans tout nouveau schéma de progressions.

Propositions de test

Ce que nous proposons est de sélectionner une douzaine de configurations astrologiques assez fortes. Comme par exemple le 1er janvier 1900 ou le 2 décembre 1899 – lorsque la plupart des planètes étaient en Sagittaire et s’opposaient à Neptune. Puis, le jour choisi, faites une recherche internationale des personnes nées ce jour-là avec chacun des signes ascendants. 

2 décembre 1899. Midi. Paris

Disons que nous trouvons dix personnes nées avec un Béliers 1° ; dix, avec un Béliers 10° ; dix, avec un Béliers 20° – ce 2 décembre 1899 ; et ainsi de suite, pour chaque signe. Cela ferait 360 personnes nées avec pratiquement les mêmes positions planétaires, mais avec 36 configurations de maisons différentes. Si l’on disposait maintenant d’un enregistrement précis du développement extérieur et intérieur de ces vies, on aurait un matériel d’étude des plus précieux. 

Pour dire les choses plus simplement, faisons tous un effort, en tant qu’astrologues, pour obtenir des collections d’au moins dix naissances, exactement identiques ou aussi identiques que nous pouvons trouver. Et voyons où les destins et les caractères des natifs diffèrent et où ils se rejoignent. Prenons la carte de naissance d’un pauvre garçon muet dans les taudis et la carte de naissance identique d’un gentleman très cultivé de Park Avenue. Et voyons pourquoi les deux natifs ont eu des vies différentes. Et s’il y a quelques minutes de différence entre les naissances, comment une si petite différence a pu fonctionner. 

Retour sur la revendication scientifique : l’astrologie, une science ?

Cela constituerait de véritables tests quant à la validité de la revendication « scientifique » de l’astrologie natale. Mais si les tests échouaient, si dix personnes nées dans l’État de New York avec la même carte montraient dix destins et caractères suffisamment différents, cela détruirait-il la validité de l’astrologie natale ? Pas le moins du monde. Cela ne ferait que transposer cette validité du plan des faits « scientifiquement » démontrables, à celui de la formation ou de l’idée significative. 

Les faits de ces dix vies peuvent être différents. Pourtant, la signification de ces faits différents pour les dix individus, en tant qu’individus et en fonction de leur environnement collectif respectif, peut être identique. Et c’est, à notre sens, ce qui compte avant tout. L’astrologie, du moins l’astrologie natale, traite principalement des significations et seulement secondairement des faits. Mais le domaine de la signification n’est pas ouvert à tous, car c’est celui de la conscience. Et la conscience est aristocratique. Elle est « artistique » et non « scientifique ». Elle se fonde sur l’individu et non sur le collectif. 

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