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Scorpion : comment Pluton l’aide à se transformer radicalement

Temps de lecture : 13 minutes

Le signe du Scorpion souffre souvent d’interprétations très tranchées. A la suite de sa découverte en 1930, Pluton est devenue la planète maîtresse du Scorpion. Les choses ont alors un peu changé. Même si Pluton est lui aussi un symbole complexe, difficile à interpréter. Et qui ne supporte pas bien les affirmations péremptoires.

Car associer les deux symboles entre eux, et à la maison VIII avec laquelle le Scorpion est en analogie, est un exercice très fructueux pour avancer dans la compréhension.

Récemment, je suis tombé sur un article sur ce sujet, écrit par une astrologue dont je ne sais rien, Miriam Benedict. Elle publiait parfois dans la revue American Astrology, ce qui est pour moi un gage de qualité.

Comme d’habitude, vous pouvez télécharger la version pdf de cet article en français.

Scorpion, Pluton et régénération

par Miriam Benedict
(American Astrology, novembre 1949)

Analyser le signe du Scorpion à la lumière de la planète maîtresse qui lui a été récemment attribuée, Pluton, peut éclairer d’une lumière nouvelle un signe controversé, que l’astrologie médiévale a trop souvent appelé « le signe obscur ».

Rappelons brièvement ce que nous savons du Scorpion. C’est le huitième signe, la demeure naturelle du sexe, de la mort et de la régénération. Tous ces facteurs sont puissants, impressionnants, et peut-être mal compris dans leurs significations subjectives et psychologiques. (Avez-vous déjà échangé avec un Scorpion qui avait l’impression qu’on ne le comprenait pas très ?). Les qualités caractéristiques du Scorpion sont son extrême profondeur, son extrême sensibilité à toute blessure personnelle, son égocentrisme intégral. Un signe formidable, d’une certaine manière !

La raison d’être du scorpion

On a dit que « Dieu a créé le scorpion dans un but précis ». C’est une métaphore, mais nous pouvons la prendre au pied de la lettre. Nous pouvons chercher à découvrir la raison d’être de ce signe obscur, qui constitue un douzième – un douzième formidable – de notre vie.

Nous avons déjà discuté de la signification du symbole de Francis Rolt-Wheeler (écrivain, astrologue, occultiste et ésotériste anglais (Londres, 16 décembre 1876Nice, 21 août 1960) pour Pluton. 

Il indique, parmi d’autres significations, la nécessité de se replier sur soi-même. De découvrir sa propre zone obscure, ignorée, et de trouver ainsi finalement la fonction transcendante, la nouvelle vie.

Nous pouvons les transposer aux deux fonctions les plus connues du Scorpion, le sexe et la mort. Et procéder à une réévaluation psychologique de chacune d’entre elles.

La fonction sexuelle chez le Scorpion

La fonction sexuelle, en tant que manifestation physique, est le symbole fondamental de la réconciliation des opposés. On a qualifié le sexe de force créatrice, et il est vrai que les personnes très créatives sont souvent aussi très sexuées. Ces personnes expriment plus abondamment une force générative qu’on peut canaliser dans de nombreuses directions. Toute forme d’art est un canal. L’argent, ou toute autre motivation de pouvoir, en est un autre. Une maison ou une vie sociale bien gérée et bien organisée en est encore une autre. Toute activité qui contribue à la richesse et à la plénitude de la vie individuelle (et qui améliore en même temps le modèle social) fait partie de l’élan générateur vers la vie.

La pulsion génératrice que nous connaissons sous le nom de sexe est donc la pulsion de base vers la vie. Il est difficile de dire si elle est plus importante dans sa capacité à faire naître la vie – l’enfant – ou à renouveler la vie des participants. On admet, médicalement et psychologiquement, qu’une vie sexuelle bien menée est un facteur de renouvellement de la vitalité, de la santé mentale, physique et spirituelle.

Le scorpion est cousin de l’araignée

Le Scorpion, avec sa connaissance instinctive du sexe, semble donc se préoccuper uniquement du problème de la pulsion vitale. Il part de sa base et rayonne, comme la toile d’araignée, dans toutes les directions. Pourquoi, alors, le Scorpion gouverne-t-il aussi la mort ?

Revenons à cette toile d’araignée.

Le scorpion, étant de l’ordre des Arachnides, s’apparente donc à l’araignée. Il est plus virulent que l’araignée, car le scorpion peut être violent, et peut piquer à mort. Un fait biologique intéressant est que le dard du scorpion ne peut pas blesser un autre scorpion. Contrairement à la croyance populaire, il ne se pique jamais à mort. Le Scorpion est généralement bien équipé contre sa propre espèce. Et, malgré ses fréquentes lamentations sur les vicissitudes de la vie, il a une maîtrise des plus fermes sur la vie !

Araignée et intégration du Scorpion

Selon le système de symboles psychologiques du Dr Jung, l’araignée, à certains points de vue, selon le développement du natif, est le symbole de l’intégration. L’araignée, comme la psyché, se tient au centre. Et la toile qu’elle tisse à partir de son intérieur est la tentative de former le cercle de la perfection, en étendant les rayons de sa psyché dans toutes les directions. Le processus est interactif. La toile ramène à l’araignée, au centre, les choses qui lui sont nécessaires. Par la loi des contraires, il peut aussi s’agir d’une force destructrice. Les mouches dans la toile sont condamnées à mourir. La toile peut tenter de couvrir « trop de territoire ». L’araignée tend un piège.

araignée

Le Scorpion, pas plus que tout autre type astrologique, ne peut être considéré comme une intégration déjà réalisée. Le scorpion n’est qu’un parent de l’araignée. Le Scorpion n’est qu’une tentative d’intégration. Mais la tentative est prédite dans le Scorpion. C’est l’intégration, l’union de toutes les couches de la psyché avec le Soi.

C’est l’idéal. La recherche du soi peut également se manifester par ce que nous appelons la caractéristique négative de la recherche du soi. Comme l’araignée dans sa toile, l’idéal peut être inversé. Et se manifester par un égoïsme total. Par un centrage sur soi, une concentration sur soi et un mépris impitoyable des droits d’autrui. En raison d’une identification puissante avec le principe de l' »âme » en tant que tel. Ce qui signifie alors une méconnaissance de son potentiel réel. L’ego prend alors la première place et le rôle dominant.

Pluton et la voie de l’intégration du Scorpion

Ce ne sont que des manifestations de l’ego, ou de surface. Pluton, avec sa promesse d’individuation, son message – « regardez sous la surface » – peut indiquer au Scorpion la voie de la véritable individualité et du bonheur. Le Scorpion peut prendre chaque caractéristique qu’il connaît, chaque règle selon laquelle il opère, et chercher le motif sous-jacent.

Le problème, en gros, est que le Scorpion doit se défaire de ce à quoi il s’est identifié pour trouver quelque chose de mieux. Le Dr Jung l’a exprimé de la manière la plus succincte, dans son livre Le développement de la personnalité :

Jung et le développement de la personnalité

« Une chose bonne n’est malheureusement pas éternellement bonne, car sinon il n’y aurait rien de meilleur. Si le meilleur doit venir, alors le bon doit rester de côté. C’est pourquoi Maître Eckhart disait : « Dieu n’est pas bon, sinon il pourrait être meilleur. » Il y a des moments dans l’histoire du monde (le nôtre est peut-être l’un d’entre eux) où quelque chose de bon doit faire place. Ce qui est destiné à être meilleur apparaît donc d’abord comme un mal. Cette dernière phrase montre combien il est dangereux d’aborder ces problèmes, car il serait facile, selon elle, pour le mal de s’introduire en douce en expliquant simplement qu’il est potentiellement meilleur !

Les problèmes de la voix intérieure sont pleins de fosses et de pièges cachés. C’est une région des plus dangereuses et des plus glissantes, tout aussi dangereuse et sournoise que la vie elle-même lorsqu’elle rejette l’aide des mains courantes. Mais celui qui n’est pas capable de perdre sa vie ne la gagnera jamais. La naissance du héros et la vie héroïque sont toujours menacées… Le développement de la personnalité est un pari, et il est étrange que le démon de la voix intérieure soit à la fois le plus grand danger et une aide indispensable. C’est tragique, mais logique. C’est sans artifice.”

Nous pouvons adopter ces principes et les appliquer directement à nos facteurs. A savoir Pluton, Scorpion, le sexe, la mort et la régénération.

Pluton oriente l’attention du Scorpion

Pluton est le symbole qui oriente notre attention vers ce qui, dans notre propre nature, est plus sombre et inexploré. En vue d’une éventuelle reconstruction ou d’une régénération de nos vies.

Il détourne l’attention du Scorpion de l’emprise tenace qu’il possède sur ce qu’il considère comme la vie. Pour la diriger vers son opposé, la mort. On ne doit absolument pas la comprendre comme une mort corporelle, pas plus que le Christ n’a prêché la mort du corps pour le bien de l’esprit. Il a prêché l’esprit renaissant au sein de la vie corporelle.

Il faut bien comprendre cette distinction. Ce n’est pas la vie elle-même que le Scorpion doit abandonner, mais ce que le Scorpion considère comme la vie. Il est vrai que la vie ne peut se manifester que dans l’individu. Et il est vrai que le Scorpion est, de tous les signes, le plus individualiste. Mais, parce que la vie a reçu une forme, il est très facile, très humain, de confondre cette forme avec la vie. Le Scorpion n’est pas le seul à faire cette confusion.

L’intuition aigüe du Scorpion

Il faut une perception aiguë pour prendre à contrepied une valeur admise, afin d’en sonder le cœur et le fondement. Le Scorpion est doté de cette faculté. Il possède cette intuition troublante et bien connue qui lui a trop souvent permis de percer les secrets des autres. Pluton exige maintenant que ce regard perçant soit tourné vers l’intérieur,. Afin d’identifier les valeurs intérieures liées aux formidables potentialités du Scorpion.

Le Scorpion a été doté d’une intuition instinctive, d’un élan vers la source de renouvellement de la vie, le sexe. Et c’est là que le Scorpion, qui aime la vie et la saisit, plonge dans ce qu’il craint le plus, la mort. C’est ici, dans l’accomplissement le plus élevé de la force génératrice, qu’une mort se produit, encore et encore, chaque fois qu’une véritable relation sexuelle est établie. C’est la mort d’une forme, d’une coquille, d’une couverture qui cache ce qui est frémissant de vie en nous, attendant d’être découvert. 

Comment le Scorpion gère son ego

L’ego se trouve à la périphérie du cercle de la psyché. Il est la gaine ou l’enveloppe extérieure qui maintient ensemble les éléments constitutifs de l’individualité. C’est lorsque nous confondons cette enveloppe avec la substance qu’elle maintient ensemble, lorsque nous confondons la forme avec la vie, que nous sommes en proie à l’ego. 

Le monde peut peut-être être confronté uniquement à l’ego. Mais le partenaire sexuel ne peut pas l’être. Dans cette rencontre, les partenaires perdent momentanément leur individualité, leur conscience d’eux-mêmes. Ils ne font qu’un. Chaque partenaire fait don de ses valeurs à l’autre. La fracture entre les opposés est comblée. 

L’enfant qui peut naître de cette union est une manifestation de la fonction transcendante. Les deux partenaires ont pu se considérer comme un homme et une femme. Mais ils n’ont peut-être pas été suffisamment conscients que chacun ne forme qu’une partie du tout. 

« Le salaire du péché, c’est la mort »

L’individualité puissamment développée du Scorpion, à laquelle il tient tant, entraîne sans cesse la mort de sa manifestation de l’ego, la coquille derrière laquelle il lutte pour être libre. Sans le savoir, c’est dans son ardeur et sa nécessité de vie sexuelle que le Scorpion fait le premier pas vers le dépassement de sa pulsion égotique. 

Dans l’acte sexuel, comme nous l’avons vu, l’ego fait l’expérience de la mort. Grâce à la relation complète homme-femme, une réciprocité est atteinte ou un véritable mariage. Il y a une mort graduelle et imperceptible des tendances égoïstes. Le sexe est une force puissante, donc un danger en cas de mauvaise utilisation. C’est là que réside son soi-disant « mal » et ses potentialités cachées pour le soi-disant « péché ». Comme le dit saint Paul : « Le salaire du péché, c’est la mort ». Le but n’est pas ici d’entrer dans une interprétation théologique ou morale de ces mots,. Mais de considérer leur application subjective ou psychologique à l’influence de Pluton sur le Scorpion. 

Jamais auparavant, dans l’histoire du monde, on n’a autant insisté sur nos potentialités mauvaises. Nous venons de vivre une guerre dont la destruction pure et froide a été sans précédent, et la guerre, pour beaucoup, « est loin d’être terminée ». Les idées qui ont provoqué cette guerre sont toujours en liberté dans le monde. Après 2000 ans de concentration sur notre côté « bon » et de répression constante de nos natures plus sombres, le mal collectif s’est manifesté de façon irrésistible. 

Pluton, source de régénération

Ce n’est pas un hasard si Pluton émerge à ce moment-là. Pluton, dont la moitié inférieure sombre égale et équilibre exactement la moitié supérieure lumineuse. Les astrologues médiévaux projetaient tout le mal non reconnu de leur époque dans le signe qui contenait la force obscure, le Scorpion. Mais comme l’a souligné le Dr Jung, la force obscure, lorsqu’on la comprend, l’accepte et l’assimile, apporte la régénération. 

Nous pouvons dire que le salaire du péché est la mort, mais nous pouvons aussi le dire autrement. Le péché est un autre nom pour l’ombre, les forces obscures de l’inconscient. L’ombre, lorsqu’on la reconnaît et l’assimile, détruit l’ancienne forme dans laquelle nous fonctionnions. 

Bien que le corps soit une forme dans laquelle la psyché fonctionne, et que la mort du corps soit la forme de mort la plus répandue et la plus facilement reconnue, ce n’est pas la seule forme. 

Le Scorpion : mourir à son ego pour se transformer

Toute adaptation par laquelle nous vivons, et à laquelle l’ego peut s’être identifié, est une forme de vie, un corps qui contient un aspect de nos personnalités complètes. Trop souvent, cette forme particulière, identifiée à l’ego, devient la vie entière de l’individu. C’est pourquoi sa mort, sa destruction, est nécessaire pour libérer toutes les forces de la psyché qui ont été repoussées à l’arrière-plan, réprimées et rendues incapables de fonctionner consciemment. 

Le Scorpion est, de tous les signes, le plus rigide dans l’acceptation de sa propre conception de lui-même en tant que Soi. Et par conséquent il apparaît à l’extérieur comme entièrement formel. 

Par ailleurs, le Scorpion est très intensément vivant parce qu’il s’est  identifié si intensément à la forme que Dieu ou l’inconscient lui a donnée. Une fois encore, nous pouvons nous tourner vers saint Paul :  » Toute la création gémit vers les enfants de la lumière « . Nous, hommes et femmes conscients, participant individuellement au grand feu créateur de l’inconscient, en tant qu’enfants de la lumière, nous nous connaissons comme la moitié supérieure de Pluton, le cercle de lumière. 

Pluton, Scorpion, ombre et lumière

Mais le processus créatif de l’inconscient équilibre chaque valeur avec sa contre-valeur. Pour chaque aspect lumineux, nous avons un aspect sombre. Le Dr Jung a dit que l’ombre est porteuse de vie et que l’ombre apparaissant comme la mort conduit à la régénération.

scorpion : ombre et lumière

On peut l’exprimer plus simplement si l’on considère que sur le chemin circulaire de la vie, le Scorpion est la huitième étape. Le nombre huit est le nombre « comme en haut, comme en bas ». Il y a correspondance entre le conscient et l’inconscient, entre la lumière et l’obscurité. C’est le nombre de la créativité, puisqu’il s’agit de réconcilier le connu avec l’inconnu. Sa ressemblance physique avec le symbole de Rolt-Wheeler de Pluton est évidente, et en outre, elle souligne la nécessité d’incorporer les leçons de Pluton dans les valeurs inhérentes au Scorpion. 

L’analogie entre Scorpion et maison VIII

Dans cette huitième maison, l’âme a donc voyagé suffisamment loin dans le monde pour en comprendre la forme. Son ego, c’est-à-dire son adaptation au monde, a été développé à son maximum. L’homme s’est suffisamment dégagé de l’inconscient pour être conscient de lui-même,  individuellement. Maintenant qu’il a accepté le privilège de la vie que l’inconscient lui a donné, il est temps pour lui de se rappeler son obligation et de laisser l’inconscient exprimer sa vie à travers lui. Pour lui, refuser maintenant ce qu’on exige de lui signifierait la mort sans la régénération qui est son potentiel. Les mots « Qui perd sa vie la gagnera » s’appliquent particulièrement au Scorpion. 

Ainsi, Pluton fait comprendre la leçon des forces terribles inhérentes au Scorpion : le sexe, la fusion de l’individu avec les forces créatrices de l’univers, la mort, l’abandon de toute forme ancienne dépassée, la régénération, la fusion des leçons bien apprises de l’ancienne forme (car aucune vie ou activité n’est inutile) avec une nouvelle forme, dans le but d’apporter une nouvelle vie transcendante à l’individu. La nouvelle vie ne serait pas possible sans l’ancienne. Cette pensée est implicite dans le mot régénération, qui signifie engendrer à nouveau, tirer une nouvelle vie de l’ancienne. 

Une dynamique de régénération

C’est dans ce but que le Scorpion, locataire naturel de la huitième maison obscure, utilise le sexe où il trouve matière à renouveau. Et c’est ainsi qu’il se renouvelle lui-même et contribue à la vie collective. Il comprend la mort dans toutes ses manifestations comme un moyen de se débarrasser de formes dépassées et de trouver une nouvelle vie en dessous. 

Le Scorpion, qui se cherche, doit, sous l’influence de Pluton, se chercher vraiment. Il doit reconnaître que la partie inférieure et sombre de Pluton est en lui-même. Et lorsqu’il assimile cela, la merveilleuse richesse du Scorpion peut trouver un nouveau sens dans les profondeurs sombres de ses eaux calmes et immobiles. Le réservoir “scorpionique” sera ce qu’il était destiné à être : les eaux vivifiantes d’une vie nouvelle, le baptême englobant tout, source d’une véritable régénération.

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