Uranus, Neptune et Pluton octaves planétaires

Uranus, Neptune et Pluton : comment les intégrer dans l’astrologie

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Uranus, Neptune et Pluton ne font pas partie des planètes de l’astrologie traditionnelle. Les y intégrer a posé et pose toujours quelques problèmes. Dane Rudhyar les a évoqués dans un article publié pour la première fois dans le magazine Horoscope de novembre 1958. Voici ce nouvel article, très surprenant par certains côtés.

Les octaves planétaires et la maîtrise des planètes

Dane Rudhyar

L’astrologie est une tentative pour apporter de l’ordre, de la cohérence et du sens à la série d’événements généralement confus et contradictoires qui constituent notre expérience de vie. De même, le « scientifique de base », lorsqu’il tente de découvrir les « lois de la nature ». Il cherche à réduire la complexité et le chaos apparent des phénomènes naturels à des modèles simples, réguliers et prévisibles. 

L’ordre et la simplicité sont les deux fondements de la « prévisibilité ». Et la seule activité du scientifique, en science appliquée, est de prévoir ce qui va se passer et quand. Une loi scientifique est une formulation de la prédictabilité. Elle stipule que ceci se produira lorsque telles et telles choses se produiront ensemble dans telles et telles conditions.

Là où l’astrologie se distingue essentiellement de la science moderne, c’est d’abord lorsqu’elle émet certaines hypothèses sur l’univers et l’homme. Ensuite, sur la base de ces hypothèses, lorsqu’elle cherche à découvrir non seulement l' »ordre » inhérent aux événements de la vie sur terre. Mais aussi leur « signification ».

Le scientifique pose également des hypothèses de base indémontrables qu’il appelle « postulats ». Et la religion postule de même qu’il y a un seul Dieu, Créateur de tout ce qui existe. 

Le système solaire est un tout organisé

Le postulat principal de l’astrologie, qui participe quelque peu de la science et de la religion, est que notre système solaire est un système cosmique organisé. Peut-être même un « organisme », au sens large de ce mot, postulat de base indémontrable. Un « tout » constitué de « parties » interdépendantes et en interaction.

Le système solaire est un ensemble ou un organisme cosmique définitivement organisé ? Et l’être humain sur la terre est également un organisme ? Alors il est logique de s’attendre à ce que les principes d’organisation et de croissance cyclique du système cosmique (le système solaire) aient une certaine relation définie avec les principes qui déterminent la formation et le développement d’une personne humaine. 

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas

Les astrologues de l’Antiquité sont partis d’une telle prémisse. En en déduisant une série de conséquences, ont formulé un système d’interprétation de l’expérience humaine. Nous le connaissons aujourd’hui sous le nom d’astrologie. En utilisant ce système, nous pouvons découvrir l’ordre et la périodicité qui sont inhérents aux événements de notre vie. Là où auparavant nous ne pouvions que constater le hasard et le non-sens.

Toute astrologie est une interprétation. Lorsque nous disons que le Bélier « gouverne » la tête ou que Jupiter gouverne le foie, nous interprétons les mouvements cycliques du Soleil ou de Jupiter dans le zodiaque. Nous les faisons « correspondre » à certains changements périodiques et fonctions organiques dans un corps humain. 

Système solaire et corps humain

Quelque chose se passe dans le système solaire et quelque chose se passe dans un corps humain. Nous disons que le premier peut fournir une base pour la compréhension du second. Cependant, cela n’a aucun sens si nous n’avons pas d’abord postulé que le système solaire dans son ensemble et la personne humaine dans son ensemble sont significativement liés l’un à l’autre. Par le simple fait, pourtant fondamental, que tous deux sont des « organismes ».

L’astrologie telle qu’on l’utilise aujourd’hui et dans le passé, sans cette prémisse de base, n’a aucune justification théorique. L’esprit de l’université moderne, la mentalité dite « scientifique », n’accepte pas cette prémisse. Il ne comprend généralement même pas qu’elle est le fondement de toute l’astrologie traditionnelle partout dans le monde. C’est pourquoi nos intellectuels formés par les institutions officielles méprisent et ridiculisent l’astrologie sous toutes ses formes.

Les frontières de Saturne

Ce genre de préambule semblait nécessaire pour indiquer pourquoi il est si essentiel pour l’étudiant en astrologie d’apprendre à penser le système solaire comme un tout organisé. Si nous gardons ce principe de base constamment à l’esprit, nous devrions être en mesure de résoudre assez simplement certaines des controverses qui prévalent dans les cercles astrologiques. 

Je parle ici en particulier de l’affirmation avancée par certains selon laquelle les planètes découvertes plus récemment (Uranus, Neptune et Pluton) sont des « octaves supérieures » de planètes plus proches du Soleil (Mercure, Vénus et Mars en particulier). 

Un sujet connexe consiste à savoir si l’on peut réellement dire que les planètes lointaines « gouvernent » certains signes du zodiaque. Par exemple, Uranus gouverne le Verseau, Neptune gouverne les Poissons, Pluton gouverne le Scorpion selon certains, le Bélier selon d’autres.

Je crois que si nous comprenons le véritable principe d’organisation du système solaire, les questions susmentionnées se répondent d’elles-mêmes. La clé d’une telle compréhension est Saturne. 

Le système solaire est-il limité ?

La première chose que nous devons savoir sur le système solaire en astrologie est la suivante. Ce qui se passe au-delà de l’orbite de Saturne a-t-il une signification tout à fait différente de ce qui se passe entre Saturne et le Soleil ?

En effet, le système solaire, en tant que système d’organisation fini et circonscrit, ne s’étend que jusqu’à l’orbite de Saturne. Tout comme le corps humain ne s’étend que jusqu’à sa peau. Si nous le considérons comme un organisme concret et circonscrit.

Cela ne signifie pas que le corps humain, concrètement physique, soit la limite de l’individu humain. Aujourd’hui, tout le monde parle avec une certaine désinvolture de l' »aura » d’un être humain. Ce terme recouvre d’ailleurs une grande variété de choses.

Et les psychologues modernes fondent une grande partie de leur approche de la personnalité humaine sur la constatation qu’un vaste domaine inconscient entoure le champ de la conscience et l’ego. Une sorte d' »aura » psychologique dans laquelle agissent des forces étranges et perturbatrices. 

Ce que cela signifie, en général, c’est que tout ensemble individuel (organisme) est lui-même une partie d’un ensemble plus vaste. Une molécule est une partie constitutive d’un ensemble plus vaste, la cellule. La cellule remplit une fonction précise en tant que partie d’un organe du corps.

Tout système appartient à un système plus vaste

L’homme est une partie fonctionnelle de l’ensemble planétaire de la Terre, qui fait elle-même partie du système solaire. Le système solaire est l’un des nombreux systèmes de ce type dans un ensemble cosmique plus vaste. Nous considérons qu’il s’agit de notre galaxie. Et les galaxies sont des parties de méta-galaxies, ou d’univers finis, etc.

Aucune unité organisée de l’existence n’existe séparément. C’est un tout qui contient des parties interdépendantes. Et c’est lui-même une unité fonctionnelle liée à d’autres unités fonctionnelles au sein d’un ensemble plus vaste. Un schéma d’organisation plus vaste et plus inclusif. 

C’est pourquoi tout ensemble organique doit contenir deux niveaux d’activités différents. À un certain niveau, il est strictement ce qu’il est en tant qu’ensemble individuel – c’est un système relativement « fermé ». À un autre niveau, il est en interaction constante avec les autres individus qui font partie du même « grand tout ». Et, de plus, il subit l’action de ce grand tout. 

En d’autres termes, chaque cellule de mon corps est liée à toutes les autres cellules. Surtout, elle est soumise aux pressions et aux exigences de mon organisme dans son ensemble. Même si ce sont les substances contenues dans mon sang, qui circule dans tout mon corps, qui les alimentent.

Le conscient et l’inconscient

On peut l’exprimer en termes plus psychologiques en disant que si je me connais en tant qu’individu distinct, John Smith, je suis également conscient (ou je devrais être conscient) que je suis un membre de la race humaine. Et que je participe à un ensemble culturel et national particulier, avec une multitude d’autres individus. Je suis un individu, mais je fais aussi partie d’un ensemble collectif. Ma société, ma civilisation, l’espèce humaine, la terre, etc.

Je peux donc distinguer dans la totalité de ma personnalité un champ de conscience et d’activité qui est le domaine de mon ego, « moi, moi-même ». Et un domaine beaucoup moins précis, s’évanouissant dans l’inconscience totale. Dans lequel la mentalité collective, les sentiments collectifs et les « images-symboles » de ma culture et de ma race agissent constamment sur le « moi » conscient.

Collectivité humaine et inconscient collectif

La collectivité dans laquelle j’évolue en tant qu’individu m’apporte de nouvelles pensées, de nouveaux intérêts. Et elle me soumet aussi sans cesse à des pressions de toutes sortes. Elle essaie de m’utiliser comme son outil ou son agent. Elle me demande de me conformer à ses exigences. Et de transformer ou d’abandonner une grande partie de mes « droits individuels ». De mes attitudes ou de mes craintes égocentriques. Et aussi de mes idéaux. Et de ma réticence à agir en fonction des intérêts ou de la passion collective.

Le psychologue qui suit le courant d’idées initié par Carl Jung parle du « conscient » et de l' »inconscient collectif ». Jung considère l’ego comme étant à la fois la circonférence et le centre du « conscient ». C’est-à-dire de tout ce qui se passe dans le champ de conscience du « je ». 

Psychologie et spiritualité

Ces concepts, cependant, en raison de la nature « scientifique » et empirique de l’approche de Jung à la psychologie, sont plutôt vagues et, en un sens, confus. Ils ne parviennent pas à donner une image satisfaisante de l’ego. Car dire que l’ego est à la fois le centre et la circonférence du champ de conscience, c’est passer à côté du fait le plus important d’une psychologie plus profonde, plus spirituelle.

L’astrologie peut clarifier le tableau psychologique de la manière la plus significative en nous disant que Saturne représente la puissance structurelle qui construit l’ego. Tandis que le Soleil est la source centrale de l’énergie qui anime tout le système de la personnalité. Elle est en correspondance avec tout le système solaire). 

Elle peut également montrer comment la personnalité humaine se trouve constamment soumise à l’attraction de deux grandes forces. Celle du Soleil et celle de la galaxie. Dès qu’elle atteint un état de développement supérieur.

Soleil et galaxie

En d’autres termes, nous avons trois centres d’influence fondamentaux dans la personnalité individuelle adulte : le Soleil, Saturne et la galaxie. Cette dernière opère dans la personnalité par l’intermédiaire des planètes qui sont au-delà de Saturne. Autrement dit Uranus, Neptune, Pluton et probablement une ou deux autres planètes encore non visibles. 

Le champ d’activité qui s’étend (du moins symboliquement) entre le Soleil et Saturne est le champ du conscient. Il est dynamisé par le Soleil et structuré à un certain niveau par Vénus et à un autre par Saturne. 

Le champ d’activité au-delà de l’orbite de Saturne représente tout ce qui se trouve également au-delà des activités strictement conscientes de l’individu. Au-delà de la personne définie par ses structures du moi et par la forme et les limites de son corps physique. Ces deux champs ont un caractère essentiellement différent.

L’archétype de Vénus face à l’ego de Saturne

Qu’est-ce que j’entends par « structures du moi » ? J’inclue dans ce terme tout ce qui donne une forme particulière et relativement unique à notre vie intérieure. A nos sentiments, nos pensées et nos réactions aux événements quotidiens. 

Nous sommes nés dans un environnement particulier et avec une hérédité particulière (gènes), à un moment précis de l’histoire. Nous sommes soumis dès la naissance (et même avant la naissance) à des impacts et des défis incessants. 

Le nouveau-né est contraint d’y répondre d’une manière ou d’une autre. Soit par une réponse positive, soit en refusant de réagir, ce qui signifie une réponse négative. La somme totale ou la synthèse de toutes ces réponses se manifeste comme la « structure » de la conscience – l’ego saturnien. 

Saturne représente la puissance qui organise ou systématise toutes ces réponses en traits de caractère, en complexes et en idiosyncrasies personnelles. C’est à cela que nous nous référons lorsque nous disons : « Vous devez me prendre comme je suis, c’est ainsi que je suis ». Ainsi parle le moi de Saturne.

Le rôle central du Soleil

Il existe cependant, au sein de la personnalité humaine, une puissance centrale qu’il ne faut pas confondre avec cet ego saturnien. Il s’agit en fait d’une force impersonnelle – en fait, ce que nous pourrions appeler la « force vitale ». C’est à elle que se réfère le Soleil en astrologie. Cette force solaire est en fait indifférenciée à la source

Le Soleil devrait, je crois, être considéré comme une lentille à travers laquelle est focalisée et libérée l’énergie universelle de l’espace lui-même. Ou de « Dieu » si l’on souhaite utiliser un terme religieux. Le Soleil ne produit pas d’énergie, mais il apporte un type « supérieur » de pouvoir créatif dans l’expression atomique-physique. De même, une « source » ne fabrique pas d’eau. Elle libère l’eau à la surface de la terre.

Le Soleil, dans un être humain (et dans un thème de naissance représentant cet être), est donc un « principe » ou une « source d’énergie » supra-personnelle. L’énergie solaire, originellement indifférenciée, se différencie en traversant les « sphères » (ou espaces orbitaux) des planètes. Mercure la transforme en la force électrique fondamentale qui anime toutes choses. Vénus, en ajoutant à l’électricité mercurielle bipolaire le facteur du magnétisme, conduit à la formation de « champs électro-magnétiques ».

Les archétypes des formes de vie

Ces « champs » vénusiens constituent les modèles de semences de tout ce qui vit. Ils ne sont pas normalement visibles pour les yeux actuels de l’homme. Mais ils constituent néanmoins la force qui contraint le gland à devenir un chêne et non un pommier ou toute autre plante. Ils sont ce qu’un philosophe platonicien pourrait appeler les « archétypes » de toutes les espèces de vie. Chaque espèce biologique possède son propre archétype ou modèle de semence.

Dans le cas de l’homme, cependant, il est possible pour chacun, à un certain stade de l’évolution humaine, de s’individualiser spirituellement. C’est-à-dire, comme l’a dit Rudolf Steiner, que chaque homme peut devenir une espèce entière de vie. 

Chaque homme a aujourd’hui la possibilité de manifester, dans sa vie réelle, un « archétype » unique. Ce n’est que lorsqu’il le fait qu’il devient véritablement un « individu ». Avant cela, il n’est qu’un membre de l’espèce humaine modifié par les conditions raciales et environnementales.

Le moi (ego) et le Moi

Ce modèle de semence vénusien de l’individualité, cependant, n’est pas l’ego ! Il s’agit du « Moi supérieur » ou de l' »individualité spirituelle » d’une personne. Celui-là n’est pas construit par Saturne. Il s’agit plutôt de la forme spirituelle que la force solaire super-personnelle revêt chez une personne particulière. Mais qui reste latente chez la plupart des êtres humains au fur et à mesure qu’ils grandissent. Qu’ils traversent l’enfance et l’adolescence. Qu’ils subissent les impacts, les pressions et les défis de la famille, de la religion, de l’école et de la société.

Ce sont, je le répète, les réponses de la personne à ces impacts qui construisent progressivement les traits de caractère et les complexes du Moi-Saturne. Tout ce que le modèle de la graine vénusienne à l’intérieur de l’être humain en croissance peut faire, dans la grande majorité des cas, c’est de rester une potentialité, une présence imminente, apparemment « endormie ». Mais qui peut être ressentie occasionnellement par la personne en pleine maturation en période de crise ou de défis émotionnels aigus.

Les planètes dites sociales

Jupiter et Saturne sont les planètes qui régissent toutes les fonctions sociales. C’est-à-dire tout ce qui nous relie à notre groupe, à notre communauté. Jupiter marque en nous le développement du « sens social », du sentiment de fraternité, d' »appartenance ». 

Saturne cristallise son sentiment en établissant la « place » que nous occupons dans la société. Saturne représente le père, traditionnellement. Parce que notre père nous donne notre « nom » socialement reconnu et a normalement beaucoup à voir avec notre position, notre classe, notre richesse, etc. dans la communauté. Ces éléments donnent de la stabilité à notre ego.

Lorsque le Moi-Saturne nous domine complètement, nous avons tendance à agir de manière égocentrique. La structure de notre conscience devient rigide, inflexible, dogmatique. Cette rigidité de caractère et d’idéologie est d’autant plus forte que nous nous sentons en insécurité, socialement ou en termes de relations familiales et de groupe. 

Bien sûr, le champ de conscience contrôlé par Saturne est de toute façon rempli d’énergie solaire et de vitalité, car la force solaire coule indifféremment sur tout. Mais cette force solaire ne peut pas rayonner vers l’extérieur au-delà d’un Saturne rigidement dominant. Elle est capturée par les structures saturniennes de l’ego et se manifeste sous la forme d’un pouvoir égocentrique, d’orgueil, d’attitudes dictatoriales. Qui cachent généralement un sentiment plus profond d’insécurité ou d’infériorité. Notre monde actuel est rempli de tels Saturne-égo.

Le défi de la galaxie

Cependant, il arrive un moment où le pouvoir de Saturne se trouve remis en question. Et le premier concurrent est généralement Uranus. Lorsque Uranus, Neptune et Pluton agissent dans la personnalité de manière ciblée (c’est-à-dire lors de forts « transits »), des crises personnelles ont tendance à se produire. A moins que Saturne, par peur, ne parvienne à étouffer la perturbation pendant un certain temps.

Ces trois planètes au-delà de Saturne représentent des énergies qui affluent de l’espace extérieur. Elles se dirigent vers le champ du système solaire délimité par Saturne. Ce sont les puissances fondamentales de l’inconscient collectif qui cherchent à « envahir » le domaine de la conscience structurée par l’ego, le domaine où règne le « Moi, Monsieur Untel ». 

Cette invasion est cependant, dans la plupart des cas, essentiellement salutaire, même si elle est temporairement bouleversante. Elle représente l’action d’un ensemble cosmique plus vaste, la galaxie, qui cherche à nourrir la conscience avec de la « nourriture spirituelle ». Afin de guérir la personnalité de son égocentrisme contraignant et étouffant. Une guérison qui peut nécessiter au début une catharsis sévère.

Les intrusions venant de l’extérieur

Malheureusement, la conscience dominée par l’ego voit dans toutes ces tentatives galactiques des intrusions, des défis inacceptables à sa « souveraineté ». Cette peur saturnienne augmente la rigidité des structures de l’ego, et une lutte se développe – peut-être une crise violente. 

Les puissances de la galaxie essaient de briser ou, si possible, d’inspirer et de transformer la volonté saturnienne de l’ego. Elles essaient également de sortir l’archétype de Vénus de son sommeil. En obligeant la force solaire à « résonner » d’une nouvelle manière à la note-clé galactique.

Le point important, dans le cadre de cet article, est que Uranus est le fer de lance d’une puissance qui se déplace de l’espace extérieur vers Saturne et les autres planètes. La marée de la force solaire se déplace du Soleil central, à travers les planètes et vers la périphérie du système. Les énergies galactiques se déplacent de ce qui est pour nous l’espace extérieur (mais qui est plutôt le « corps » de l’organisme galactique) vers le Soleil. 

Ainsi, Pluton, Neptune et Uranus constituent les trois phases fondamentales d’un processus opérant dans une direction opposée à celle du processus connu au sein du système solaire proprement dit, du Soleil à Saturne. Le premier processus est centripète. Le second, centrifuge.

Les « octaves » planétaires

Lorsque Uranus, Neptune et Pluton sont considérés comme des expressions « supérieures » de planètes telles que Mercure, Vénus et Mars, toutes ces planètes sont regroupées dans une même catégorie. Les planètes les plus proches sont considérées comme représentant une « octave inférieure » de fonctions ou d’énergies biologiques-personnelles. Les plus éloignées, au-delà de Saturne, comme une « octave supérieure » constituée d’activités ou de qualités d’être plus transcendantes et « spirituelles ».

Il y a sans doute une part de vérité dans ces affirmations si l’on se limite à considérer les événements extérieurs de la vie d’une personne. Les « illuminations » que Uranus peut apporter à une conscience non figée dans la rigidité saturnienne peuvent inspirer et transformer l’esprit de Mercure. 

La compassion et l’inclusion qui sont caractéristiques de Neptune agissent directement sur le sens de la valeur et les sentiments-jugements représentés par Vénus. Si Saturne le permet.

Le pouvoir du destin inéluctable et l’abandon total à une cause, qui définissent essentiellement les opérations de Pluton, transforment – si on le leur permet – l’initiative strictement personnelle de Mars.

Uranus, Neptune et Pluton face à Mercure, Vénus et Mars

Mais le fait essentiel est que les activités d’Uranus, Neptune et Pluton vont à l’encontre des fonctions normales de Mercure, Vénus et Mars.

Les premières ne sont pas seulement des activités personnelles d’un genre « supérieur ». Ce sont des activités destinées à perturber et à transformer. En fait, à repolariser et à réorienter complètement celles de Mercure, Vénus et Mars. La source du pouvoir d’Uranus est fondamentalement différente de celle du pouvoir de Mercure.

Vous ne comprenez pas le sens de la différence entre « conscient » et « inconscient » si vous dites que l’inconscient est un type de conscience « supérieur ». C’est pourtant ce que semble dire de nos jours une grande partie de ce qui passe pour de l’occultisme ou de la métaphysique. 

Utiliser le mot « super-conscient » ne résout pas non plus la difficulté ! La galaxie n’est pas « super » par rapport au système solaire, pas plus qu’une ville n’est un « super citoyen ». La différence entre la galaxie et le système solaire renvoie au fait, énoncé au début de cet article, que tout ce qui existe se trouve en équilibre entre deux forces de caractère opposé et complémentaire

Collectif et individuel

Le collectif et l’individuel constituent les deux polarités de toute existence. Un courant polaire s’oppose toujours à l’autre. Pourtant ils se rencontrent. Dans le système solaire, ils se rencontrent dans Saturne.

Saturne, du point de vue de la force solaire, est l’agent limitant qui définit les frontières de l’existence individuelle dans un organisme de vie particulier. Mais Saturne, du point de vue de la force galactique, est un « lieu de pouvoir » à l’intérieur duquel les deux forces, galactique et solaire, peuvent s’intégrer. C’est le sanctuaire, le « lieu secret » du kabbaliste, le corps de diamant aussi.

Là, le collectif et l’individuel peuvent se rencontrer et s’interpénétrer dans un « mariage » rythmique. Mais cela ne peut avoir lieu que lorsque le Moi de Saturne a abandonné ses murs fortifiés, son exclusivisme et ses peurs. Lorsque la lumière qui jaillit de « la fraternité des étoiles » (galaxie) transfiguré le moi. Alors la force du Soleil et la puissance galactique traversent l’organisme total de la personnalité.

Le concept de  » maîtrise  » (rulership)

L’idée qu’une planète « gouverne » un signe zodiacal n’a pas grand-chose à voir avec le « fait d’expérience » supposé que les « natures » de la planète et du signe sont similaires ou amicales l’une à l’autre (comme le disent de nombreux astrologues). 

Le concept de domination découle logiquement de la position des planètes dans le système solaire. Il n’a de sens, au sens strict, que dans le cadre d’un système fermé d’organisation de la vie. Donc dans le champ de conscience purement individuel limité par l’orbite de Saturne. 

Si nous étudions le schéma traditionnel avec ses « maisons de jour » et ses « maisons de nuit », dans lequel chaque planète « régnait » sur deux signes du zodiaque, cette conclusion est difficilement évitable.

Dans ce schéma, le Soleil et la Lune considérés comme une seule unité bipolaire (les deux « Lumières ») se trouvent au centre. Et Saturne à la périphérie.

Un modèle solide et stable

Nous avons ici le modèle solide et stable de la force vitale bipolaire qui jaillit du Soleil et retourne à la Lune à travers la conscience de l’individu. L’image zodiacale est une image dans laquelle le premier degré du Lion est le point de départ. C’est le zodiaque de l’individualité, par opposition au zodiaque de la nature qui commence avec le Bélier.

Le schéma de domination établit six niveaux ou « plans ». Nous avons donc en lui la division habituelle de la « Puissance divine unique » différenciée en six « pouvoirs » ou shakti. Elle est l’énergie indifférenciée de l’espace. C’est la base de tous les systèmes de classification septuple. Ceux que l’on trouve dans la plupart des traditions métaphysiques, occultes et mythologiques. Le « septième » est un principe non-manifesté, qu’on ne peut percevoir que dans son expression sextuple.

Si nous partons de la conscience de l’ego de l’homme d’aujourd’hui (niveau Saturne), le niveau Soleil-Lune est le sixième. Le niveau de la pure dualité, la préfiguration du « mariage divin » de la force solaire et du pouvoir galactique mentionné plus haut. 

La Lune est en effet celle qui « cache » la puissance de la galaxie. Car sa face cachée est toujours tournée vers l’espace (en ce qui nous concerne, sur terre). En tant que « face cachée« , elle est le dieu masculin, le roi Soma, maître des grands mystères. Celui ont la progéniture est Mercure-sagesse (le cinquième niveau, l’esprit illuminé).

Système « ouvert » et maîtrise

Dans un « système ouvert », le concept de maîtrise n’a pas de place évidente. Au mieux, on peut parler de zones d’influence focalisée. C’est seulement dans ce sens que l’on peut dire que Uranus a tendance à opérer de manière plus focalisée lorsqu’il est en Verseau, Neptune en Poissons.

Le Verseau et les Poissons entrent dans le schéma de domination sous la ligne d’influence de la Lune. Et je viens de dire que la Lune « cachait » la réalité de la galaxie – étant la « médiatrice », la Muse, l’éternel féminin dont le côté sombre peut soit vous conduire à la Fraternité des étoiles, soit à l’abîme de la « huitième sphère » (le royaume de la désintégration, l’enfer).

Si Uranus trouve un champ de concentration en Verseau, et Neptune en Poissons, alors Pluton devrait inévitablement être lié au Bélier. Pourtant, les astrologues d’aujourd’hui disent très souvent que Pluton « gouverne » le Scorpion. 

Si cela était vrai, l’ensemble du schéma de maîtrise n’aurait aucun sens, car tout ce qui rompt une séquence logique ne peut avoir aucune place significative en astrologie, malgré toutes les « preuves expérimentales ». Ces dernières s’avèrent, dans la plupart des cas, n’être que les « sentiments » de certains astrologues selon lesquels quelque chose devrait appartenir à un endroit. Sentiments qui sont généralement rapidement contredits par une « preuve » (statistique peut-être) apportée par un autre astrologue !

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