aspects maléfiques

Aspects entre planètes : pourquoi vous veulent-ils du mal ?

Temps de lecture : 18 minutes

Dane Rudhyar a consacré de nombreux articles aux aspects planétaires. Je vous propose de découvrir celui-ci, publié pour la première fois dans Horoscope Magazine de juillet 1957. Il y parle de cette fameuse caractérisation des aspects qui continue malheureusement à sévir aujourd’hui sans discernement. Ils sont bons ou mauvais, bénéfiques ou maléfiques, harmonieux ou dysharmonieux …

Vous pouvez également accéder à d’autres articles (en anglais) de Dane Rudhyar dans les archives de American Astrology Magazine.

Les aspects « mauvais » le sont-ils nécessairement ?

L’une des premières choses qu’un étudiant en astrologie traditionnelle apprend, c’est qu’il existe deux types d’aspects. On qualifie certains de bons, d’autres de mauvais ou encore de chanceux et de malheureux. Les bons aspects sont le trigone, le sextile et le semi-sextile. Les mauvais, l’opposition, le carré, le semi-carré (ou octile), le sesqui-carré (ou tri-octile). 

On parle d’une conjonction bonne ou mauvaise selon la nature des planètes impliquées. Il existe également d’autres aspects, tels que le quintile et le semi-quintile, le septile et le novile. L’astrologue moyen ne les utilise pas souvent. Mais je n’en parlerai pas pour l’instant.

Ce que sont les « mauvais » aspects

Mon but dans cet article est de présenter et de discuter ce qui me semble être la véritable signification de la série d’aspects habituellement qualifiés de mauvais. Et aussi de souligner, beaucoup plus qu’on ne le fait habituellement, l’importance des aspects que sont l’octile ou semi-carré (angle de 45°) et le tri-octile ou sesqui-carré (135°). 

Il serait temps, semble-t-il, que les astrologues révisent leurs vues sur ce jugement moral négatif porté sur toute une série d’aspects planétaires. Et qu’ils se rendent compte qu’une telle évaluation se fondait sur un certain type d’approche de l’astrologie. Une approche qui ne répond plus correctement aux exigences de l’époque. Une époque caractérisée par ses confrontations avec le pouvoir. Et par l’accent qu’elle met sur la psychologie plutôt que sur la moralité.

Mais, tout d’abord, essayons de saisir clairement ce que l’astrologie entend réellement lorsqu’elle parle d’aspects.

Les deux catégories d’aspects

Un aspect entre deux planètes définit la relation qui existe entre les deux types d’activité représentés par ces planètes. Disons que Mars représente le type d’activité qui démontre la capacité d’une personne à aller dans le monde à la recherche de ce qu’elle désire ou de ce dont elle a besoin. Saturne représente les activités qui visent à consolider sa position de la manière la plus sûre et la plus traditionnelle. 

Mars et Saturne en trigone

Si Mars se trouve dans le thème natal d’une personne à 120 degrés de Saturne (ou, du moins, à près de 120 degrés, c’est-à-dire dans l’orbe), l’astrologue dit que les deux planètes forment un aspect appelé trigone.

Cela signifie que la relation entre la fonction martienne d’extériorisation, d’agressivité, et la fonction saturnienne de consolidation, de construction de la sécurité, dans la vie de la personne, a certaines caractéristiques essentielles définissables par la nature d’un aspect de trigone. 

Le trigone signifie une relation harmonieuse, constructive, basée sur la compréhension ou la vision. Nous disons donc que la personne est capable de relier de façon constructive ses impulsions extraverties et énergiques à son besoin de stabilité et de sécurité. Elle prend des initiatives en fonction de ce qu’elle comprend correctement. Et qu’elle visualise comme étant générateur de sécurité et de solidité.

Mars et Saturne en carré

Si au contraire, Mars et Saturne étaient en aspect carré (90°) dans le thème natal, le natif aurait tendance à agir à contre-courant de ses propres exigences de stabilité intérieure ou sociale. Il aurait tendance à développer une humeur de rébellion contre tout ce qui est stable et autoritaire. A commencer peut-être par son père.

Cependant, cette personne peut avoir parfaitement raison de défier une autorité erronée ou oppressive. C’est peut-être son destin légitime d’être un challenger et un rebelle. Si c’est le cas, on ne doit alors pas considérer ce carré natal de Mars et Saturne comme mauvais dans le schéma global de sa vie. 

Et il semblerait bon que la personne soit amenée à aspirer à une vie familiale tranquille et conventionnelle dans un cadre très bourgeois. Parce que seule une vie aussi conformiste serait bonne. D’ailleurs, faut-il nécessairement glorifier ce type de vie dans tous les cas ?

Influence des normes morales

Il est évident que la classification du bien et du mal n’a de sens que par rapport à certaines normes de valeur très générales. Il est bon d’avoir une santé solide, une vitalité abondante, le bonheur familial, des enfants dévoués, un bon travail, la sécurité pour la vieillesse, etc. 

Mais si un individu est né pour accomplir la destinée d’un mystique, ou même d’un pionnier ouvrant de nouvelles voies dans les arts, la philosophie ou la politique, une telle installation heureuse et confortable ne serait pas, dans la plupart des cas, bonne pour son but. Il a plutôt besoin de faire l’expérience de tensions, de conflits, de crises, d’insatisfaction, d’agitation. Sans qu’ils le détruisent pour autant. Mais en les utilisant comme des outils forts et aiguisés pour construire une personnalité inébranlable et indomptable.

Relativiser le « bon » et le « mauvais »

Nous devrions donc substituer d’autres mots aux qualifications traditionnelles de bon et de mauvais. Ou, si nous devons les utiliser, nous devons être conscients de leurs limites et de leur inadéquation. 

Quelle est la meilleure façon d’exprimer la différence fondamentale entre les deux séries d’aspects les plus utilisés (trigone, sextile, semi-sextile face à opposition, carré et semi-carré) ? Elle consiste peut-être à dire que la première se réfère au type d’aspects normalement orientées vers l’accomplissement, sous des formes établies, de l’existence naturelle ou sociale. Tandis que la seconde série d’aspects se réfère essentiellement à la génération et à la libération d’une énergie transformatrice.

La plupart des gens considèrent l’épanouissement dans les formes de vie naturelles et sociales comme une bonne chose. Les formes sont là. Vous êtes né dedans. Vous ne remettez pas en question leur validité. Mais vous essayez simplement de comprendre comment elles fonctionnent et comment vous y intégrer. En d’autres termes, vous accomplissez votre vie en vous conformant – et cela apparaît comme bon. 

Conformisme ou rébellion

Vous voulez donc puiser dans le flux naturel et spontané de votre vitalité corporelle ou utiliser votre vitalité sociale (richesse, capacités culturelles héritées, etc.) dans le but de transformer ce qui est établi, naturel, traditionnel et bon. Mais cela est perturbant, dangereux pour le fonctionnement normal de votre corps ou de votre position sociale.

Si vous agissez ainsi, vous vous privez forcément d’une partie de l’énergie nécessaire à une vie normalement saine ; vous induisez des tensions ou des conflits. Ceux-ci peuvent conduire à la maladie du corps ou de l’esprit. Ou à l’ostracisme social, à la pauvreté, à la solitude, voire à l’hôpital ou à la prison. C’est donc mauvais.

Un excès de conformisme conduit toutefois à la stagnation et à l’inertie. La croissance exige des transformations et des crises. Les crises sont des périodes d’activité dynamique qui commencent par un sentiment radical que les formes que l’on tenait pour acquises ne sont pas nécessairement bonnes. Qu’elles peuvent signifier un asservissement. 

Le mieux est presque toujours l’ennemi du bien. Par-dessus tout, la conscience d’être une personne autonome, indépendante et libre de prendre des décisions, est quelque chose qui ne peut naître que de contrastes marqués, de la division.

Le contraste signifie la dualité. Ceci s’opposant à cela, moi et une autre personne. Il implique une relation de caractère tranchant et inévitable. Vous êtes lié à la personne que vous détestez aussi bien qu’à celle que vous aimez. Cela nous amène au plus élémentaire de tous les aspects astrologiques : l’opposition.

Oppositions et carrés

La manière habituelle d’expliquer la genèse et la signification de ces aspects astrologiques est de montrer comment ils sont produits. Ils le sont, du moins la plupart d’entre eux, par la division d’un cercle entier en 2, 3, 4, 5, 6, etc. parties. Comme la circonférence contient 360 degrés, la division par deux donne 180° (l’aspect d’opposition) ; par trois, 120° (le trigone) ; par quatre, 90° (le square), etc. 

Mais il faut tout de suite se rendre compte que lorsqu’on opère de cette manière, l’aspect de base est l’opposition. La conjonction n’est donc ni le premier ni le principal parmi les aspects astrologiques. Car on ne peut pas diviser le cercle par un ! La conjonction est le dernier aspect possible. On pourrait dire qu’elle est le résultat de la division du cercle par 360. Si l’on considère qu’une conjonction de deux planètes est exacte à un degré près.

Les aspects signifient, je l’ai dit précédemment, relation. La première relation est celle dans laquelle vous vous trouvez soudainement face à quelque chose. Vous et cette autre entité que vous ne connaissez pas mais que vous devez regarder et sur laquelle vous devez porter une sorte de jugement. Est-ce qu’elle va m’aider ou me gêner, est-elle amie ou ennemie ? 

Confrontation et prise de conscience

Le résultat d’une telle confrontation est la prise de conscience. Vous devenez conscient de ce qui vous fait face. La prise de conscience se transforme en conscience (de con, ensemble, et scio, savoir) lorsque vous avez établi une sorte de rapport entre l’autre et vous.

Avant que la confrontation ait lieu, vous assuriez « tout le spectacle ». Mais maintenant, une deuxième entité est apparue, pour partager la vie avec vous. Et vous devez être lié à cette autre entité. Les problèmes de parenté s’immiscent dans vos sentiments, vos pensées. Ils deviendront de plus en plus complexes.

Le monde, une fois qu’on commence à le diviser en deux, continue à se diviser. Tout comme l’ovule fécondé dans le ventre de la mère continue à se diviser, chaque cellule devenant deux.

Lorsque nous traitons des énergies vitales et des organismes vivants, la division par deux est la règle. Car ce que nous appelons la vie (ou la force vitale) est fondamentalement une interaction entre deux polarités. Et il en va de même pour la puissance encore plus cosmique ou universelle, et encore inconnue, qui transcende à la fois l’électricité et la force vitale. 

Le trigone

Mais il existe aussi un domaine d’activité dans lequel la division par trois est le principe d’activation. C’est le domaine de l’esprit qui élabore – le domaine des idées, de la logique, de la planification et de l’organisation.

Le type de relation de base dans ce domaine de l’esprit implique un triple type d’activité. Une relation entre trois facteurs. Quand le cercle entier se divise en trois parties égales, un triangle équilatéral se forme. Les trois points du triangle sont donc séparés de 120° en termes de longitude zodiacale. Ils sont en aspect de trigone l’un par rapport à l’autre.

Dans cet article, cependant, je traite du processus de division par deux et par des puissances de deux : 4, 8, 16. Ce processus libère de l’énergie. Il le fait parce que, lorsque vous êtes confronté à une autre entité, vous devez non seulement en avoir une conscience aussi complète que possible, mais aussi agir par rapport à elle. 

Vous pouvez aller vers elle avec amour ou la fuir avec peur. Même si vous vous figez dans une attitude hostile ou perplexe, cela signifie aussi une forme d’action. Car vous devez faire un effort délibéré pour être absolument immobile. C’est une activité foncièrement négative.

Mars et Saturne en opposition

Prenons à nouveau l’exemple de Mars et Saturne. Si Mars est en opposition avec Saturne dans votre thème natal, le désir de partir avec ardeur ou avec force vers une expérience quelconque se heurte en vous à la volonté de sécurité. Ainsi qu’au désir de s’établir fermement en tant qu’ego bien ancré dans sa propre place bien définie dans la société. 

Chacune de ces deux pulsions doit apprendre à être consciente de l’autre et à reconnaître son droit à l’existence. Elles doivent se rapprocher en termes de compréhension mutuelle. Ce qui implique la discussion, l’interaction et le jeu des tentatives de relations harmonieuses. Ou peut-être en termes de conflit insoluble et de guerre intérieure, qui est aussi un type de relation.

Mais c’est un type négatif et destructeur. La prise de conscience de l’autre vient en premier. Tous les modes d’activité et d’interaction de l’énergie suivront. La discussion, l’argumentation, le compromis, l’accord de coopération ou la guerre intérieure.

Supposons qu’un accord existe et que vous soyez prêt à vous lancer dans votre désir ardent de sentir, d’aimer et de conquérir les autres (Mars). Bien sûr, seulement après avoir dûment consulté votre sens saturnien de la stabilité et du « pas trop loin ». Le problème suivant est de savoir comment faire pour que cette combinaison des énergies de Mars et de Saturne fonctionne de manière satisfaisante. Les deux ont accepté de coopérer, mais comment vont-ils se répartir les tâches à venir en termes de fonctionnement réel ?

Le carré

Avec ce problème, nous arrivons à la signification de l’aspect carré. Le champ de votre activité personnelle totale a été divisé en deux par l’accord de coopération Mars-Saturne. Il faut maintenant à nouveau le diviser en deux. Afin de planifier précisément et de résoudre les problèmes de l’action commune. Ainsi, le deux devient le quatre. La ligne devient la surface avec ses quatre points cardinaux.

La conscience qui a généré de l’énergie par le jeu des relations se concentre au moyen d’un plan et d’une procédure pour une action concrète efficace. C’est à ce type d’activité que le carré se réfère essentiellement.

Mais il se peut qu’il n’y ait pas eu d’accord entre les deux fonctions opposées (ou tendances du désir) en vous ! La dispute peut mener à la guerre. Les deux puissances opposées devront alors s’affronter sur une sorte de champ de bataille. On peut dire que le combat et le champ de bataille sont caractéristiques du carré. Ainsi que toute la stratégie des volontés commandantes.

Les deux faces du carré

L’aspect carré (90°) en astrologie peut donc représenter deux conditions d’existence complètement différentes – l’une positive (anabolique), l’autre négative (catabolique). La première concerne l’établissement d’une procédure et d’un calendrier. Pour la coopération et la construction d’une fondation sur un terrain clair. L’autre se réfère à un état de choses dans lequel aucune des deux forces opposées n’a décidé de faire des compromis et de s’entendre. L’opération du carré creuse alors des tombes pour les combattants morts. Plutôt que les fondations d’un bâtiment dans lequel la coopération aurait été la base de la culture et des processus mentaux inclusifs.

Mais nous devons aller un peu plus loin. Nous pouvons diviser l’angle droit du carré en deux et obtenir le semi-carré ou angle de 45°. Que signifie un tel type de relation ?

La signification des semi-carrés

Le meilleur mot pour caractériser une relation à angle de 45° est probablement « engagement« . En utilisant le terme dans le sens où nous parlons de deux engrenages qui s’engagent. Imaginons deux armées qui ont manœuvré en vue d’une attaque et en viennent aux mains et se tirent dessus. Ou qu’une pelleteuse à vapeur est mise en place pour creuser. Alors, la construction des fondations commence, elle mord la terre qu’elle doit enlever. Cela signifie un engagement. 

Il y a eu confrontation (opposition). Elle a conduit à une interaction active entre les puissances confrontées. Maintenant les résultats inévitables de cette interaction, qu’ils soient constructifs ou destructeurs, sont libérés. Les forces dynamiques sont engagées, pour le bien de la vie ou pour la mort. Il n’y a pas de retour en arrière – l’affaire a commencé sérieusement. Dans certains cas, en effet, la force irrésistible a rencontré une résistance inébranlable – pour citer un vieux dicton. Et le résultat peut être explosif.

La plupart du temps, il faut considérer le semi-carré comme signifiant le type de relation qui implique une action dynamique. Dans le thème de naissance de Lincoln, la Lune en Capricorne tardif est à 47 degrés derrière Pluton en Poissons. Le Soleil en Verseau est à 44 degrés derrière la Vénus en Bélier. Mars vient de quitter (41°) le semi-carré à Neptune. Dans sa vie, il a dû constamment s’engager dans les faits des situations existantes. Et pas seulement les planifier ou en être conscient. Sa vie (Soleil et Lune), sa nature la plus personnelle et émotionnelle (Vénus et Mars) étaient impliquées dans des aspects de semi-carrées aux grands problèmes mondiaux (Neptune et Pluton). 

De quelques aspects chez des personnages connus

Dans le thème du révolutionnaire russe Léon Trotsky, Saturne est en relation à 47 degrés avec Pluton. Et les deux planètes sont rétrogrades de part et d’autre du milieu du ciel. Vénus est en semi-carré avec le Soleil de part et d’autre du nadir.

On trouve un exemple intéressant d’activité de semi-carré lorsqu’une planète se trouve au centre de l’aspect carré de deux autres planètes. Dans le thème de Henry Ford, Vénus à 23° de la Vierge est en carré avec Uranus à 24° du Gémeaux. Et le Soleil est à 8° du Lion, presque exactement au milieu du carré Vénus-Uranus. Nous ne pouvons pas parler avec autorité du caractère personnel de Ford. Mais on pourrait dire que ce carré dénote l’interaction d’un Uranus inventif et d’un sens critique de la valeur. Il a certainement produit de nouvelles procédures d’activité. Et changé les valeurs sociales dans le monde entier, en plus de lui apporter une grande richesse. Le fort Soleil en Lion au centre du carré dynamise intensément la planification et la technique. Il force le conceptuel à passer dans une activité concrète, presque impitoyable (chaîne de montage, production de masse, etc.).

Dans le thème du magnat de l’acier Andrew Carnegie, nous trouvons également un carré (Saturne à Neptune) bissecté par Vénus. Il agit ainsi comme une force de concentration, suscitant une activité intense et produisant de la valeur (c’est-à-dire, dans notre monde moderne, de l’argent). 

Dans le thème de George Bernard Shaw, nous avons une configuration similaire, avec la Lune et Uranus (22° et 25° du Taureau) divisant en deux le carré de Jupiter (10° du Bélier) à Saturne (8° du Cancer). Neptune est également en semi-carré à Pluton (21° du Poissons à 6° du Taureau). Dans ce cas, Jupiter et Saturne sont des planètes indicatrices d’une conscience sociale en état de réorganisation et de transformation radicale. Un sens souligné par le carré Neptune-Pluton qui caractérise sa génération immédiate. La conjonction Lune-Uranus, lorsqu’elle fait ses semi-carrés, suscite une manière imaginative et originale de forcer les problèmes sociaux à se manifester. Et l’humour est un moyen très efficace de déblayer le terrain pour les changements sociaux !

Le sesqui-carré 

Le semi-carré représente la huitième partie de la circonférence totale. Il est intéressant de noter qu’on a toujours associé le chiffre 8, dans la symbolique ancienne, au Soleil ou à tout pouvoir ou être solaire. En Inde, Surya (le Soleil) se déplace dans un char tiré par huit chevaux (ou énergies vitales).

Parmi les premiers mystiques chrétiens (appelés les gnostiques), le Christ Jésus était représenté par le nombre 888. Autrement dit, 8 aux trois niveaux fondamentaux de l’existence (physique, mental-psychique et spirituel). Le nombre 8 dans la numérologie moderne a beaucoup à voir avec la richesse et le succès dans l’extériorisation des facultés ou des talents potentiels.

Surya sur son char

La raison en est évidente. Le Soleil est cette puissance capable de s’engager dans la matière, de s’accoupler avec sa substance terrestre résistante. Et, par là, de susciter en elle la vie. De même, la puissance christique est celle qui imprègne et transforme l’ego humain. Elle suscite en lui le « dieu vivant », le dieu du cœur (également régi par le Soleil et le chiffre 8).

En d’autres termes, toute activité féconde fonctionne selon un principe bipolaire, nécessite un champ d’activité quadruple (4 cavités du cœur, etc.) et fonctionne en fait selon un rythme octuple. Dans les champs électromagnétiques, l’activité dynamique la plus importante se produit aux angles de 45° scindant en deux la quadrature de base du champ.

Dans le zodiaque, on a parlé du milieu des signes fixes – 15° du Taureau, du Lion, du Scorpion et du Verseau. Comme des points de descente « avatarique » (manifestation de Dieu). Pour cette raison, on associé les quatre évangélistes aux symboles du Taureau, du Lion, de l’Aigle (le Scorpion après régénération totale) et de l’Ange (Verseau). Ils sont les quatre portes par lesquelles la parole de Dieu est prononcée et la puissance de Dieu est libérée.

Cela ne signifie pas que les quatre points cardinaux du zodiaque (équinoxes et solstices) ne constituent pas le cadre de base du cycle solaire de la vie sur Terre. Mais cela indique que les points de libération maximale de la puissance, là où la puissance solaire exerce son impact transformateur réel sur la substance terrestre ou sur les egos humains, se trouvent à des angles de 45 degrés par rapport à ces quatre points cardinaux de base.

Construction du sesqui-carré

Cependant, il devrait être clair que si l’on mesure la distance angulaire entre 0° du Bélier et 15° du Lion, on trouve une valeur de 135 degrés. C’est-à-dire qu’un carré plus un semi-carré forment un aspect appelé sesqui-carré. Mais on pourrait aussi dire qu’une opposition (180°) moins un semi-carré (45°) font un sesqui-carré (135°). C’est, je crois, la manière la plus significative dont on peut comprendre un tel aspect. Il s’agit d’une retombée de l’opposition. En tant que telle, elle tend à être un symbole négatif. A moins que nous n’ayons un thème dans lequel nous trouvons plusieurs semi-carrés, l’un après l’autre. De sorte que les planètes sont disposées à au moins plusieurs des points (sinon tous) d’une étoile à huit branches.

Par exemple, si nous trouvons une planète à (ou près de) 1° du Bélier, une autre à 15° du Taureau, une autre encore à 1° du Cancer, une quatrième à 15° du Lion, la première formerait un sesqui-carré à la quatrième. Il pourrait y en avoir une autre à 1° du Capricorne qui serait en sesqui-carré à celle à 15° Taureau. Dans ce cas, nous avons le contour incomplet mais défini d’une étoile à huit branches. Une telle configuration de cinq planètes en semi-carrés et carrés mutuels doit être considérée comme un ensemble très significatif. Elle dénote un extrême d’activité engagée avec force, à un niveau ou à un autre.

Sesqui-carré et résidu karmique

Mais lorsque nous trouvons seulement un sesqui-carré isolé reliant deux planètes, l’indication habituelle est que la relation est lourde de résidus d’activités passées (chargée des fantômes d’expériences non vécues). En d’autres termes, il y a eu une confrontation (aspect d’opposition) devant laquelle la personne s’est dérobée. Cette incapacité à établir une véritable relation a produit certains résultats négatifs. Peut-être des regrets et un sentiment de frustration, des remords et un sentiment de culpabilité.

Lorsque j’ai fait référence, au début de cet article, à un carré de Mars et Saturne, j’ai parlé d’une action extérieure (Mars) à l’opposé des exigences de stabilité (Saturne). Considérez ce qui se passe lorsque deux voitures se rencontrent violemment à une intersection, l’une venant du nord, l’autre de l’est. Lorsqu’elles se heurtent, l’énergie résultant de l’impact a tendance à se dépenser vers le sud-ouest. C’est-à-dire en suivant une ligne qui divise en deux les directions nord-sud et est-ouest des voitures. En d’autres termes, si les voitures avancent impitoyablement, refusant de coopérer à l’intersection carrée, l’énergie générée par leurs mouvements connexes devient destructive. Elles se rencontrent dans la mort à un angle de 135° par rapport à leurs deux directions de mouvement.

Exemples de sesqui-carrés

Il n’est jamais facile de trouver dans les thèmes de personnalités connues des illustrations de processus qui dépendent de réactions intérieures et de l’approche de la personne vis-à-vis de ses expériences de vie. Prenons par exemple le thème du maréchal von Hindenburg. A un âge très avancé, il s’est construit pendant la Première Guerre mondiale une image de héros national allemand. Après la défaite, il est devenu le chef officiel de l’État, symbole de la fierté et de la stabilité nationales.

Dans son thème de naissance, Saturne rétrograde à 7° du Poissons forme un angle de 135° avec la Lune (sur le descendant) à 23° du Cancer. Certains astrologues considéreraient cette relation comme un large trigone, mais ils ne saisiraient pas l’essentiel. Saturne et la Lune représentent les deux parents, la tradition ancestrale. C’est cette figure traditionnelle du général prussien que von Hindenburg incarne de manière rigide et presque anonyme (il est surtout une figure de proue). Mais c’est une tradition qui se désintègre et qui est vaincue ! La Lune au descendant était l’aspect public de von Hindenburg, qui essayait confusément de construire un État national démocratique.

Ceci est, bien sûr, renforcé par une puissante croix en T en signes cardinaux avec Uranus-Pluton en Bélier, Jupiter-Lune en Cancer, le Soleil-Vénus-Mercure en Balance. Toutes les planètes de l’hémisphère Est sont rétrogrades, y compris Mars. Mais le souverain de l’ascendant du thème a une signification particulière. Car il est en dehors de la croix en T, mais en semi-carré au point médian de la paire Uranus-Pluton, et en sesqui-carré à Jupiter (131°) et, plus précisément, à la Lune (136°).

En traitant de tels sujets, on est confronté à des problèmes psychologiques subtils. La véritable interprétation de ces sesqui-carrés semble souvent remonter à des influences ancestrales ou karmiques. La vie que nous n’avons pas vécue se retourne souvent contre nous de manière subtile. J’espère cependant en avoir dit assez pour montrer l’importance du semi-carré et du sesqui-carré pour une véritable compréhension de la vie d’un individu.

J’espère avant tout que le lecteur sera suffisamment impressionné par cette discussion, aussi incomplète soit-elle, pour s’interroger sérieusement sur la pertinence du fait de qualifier de mauvais l’ensemble des aspects produits par une opération de division par deux.

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